Bassira Adamou : Au cœur de la maternité Issaka Gazobi de Niamey

Mme Bassira Adamou, sage-femme à la Maternité Issaka Gazobi de Niamey, est au cœur du dispositif de prise en charge des femmes enceintes dans la capitale nigérienne. Son rôle est essentiel au sein de cette structure qui joue un rôle pivot dans le système de santé local. L'établissement reçoit quotidiennement des femmes en travail provenant d'autres centres de santé intégrés (CSI) de Niamey, ce qui témoigne de sa fonction centrale et de la confiance qu'il inspire. Comme l'explique Mme Bassira Adamou : « Nous n’avons pas le nombre exact des femmes, parce qu’à part les consultations, il y a aussi celles qui viennent accoucher, on reçoit des femmes en travail des autres CSI de Niamey ». Cette affluence constante met en lumière la demande soutenue pour les services de la maternité.

Mme Bassira Adamou précise que des complications au premier trimestre incluent les saignements dus aux grossesses extra-utérines (GEU), qui nécessitent une intervention rapide et spécialisée. Au troisième trimestre, des pré-éclampsies légères ou sévères, provoquées par une élévation excessive de la tension artérielle, sont fréquentes et représentent un risque sérieux pour la mère et le bébé. Mme Bassira Adamou note l'importance de son service pour ces cas spécifiques : « A notre service, nous recevons généralement les femmes à risque (utérus cicatriciel) ». Cela inclut également les patientes dont les grossesses sont considérées comme à haut risque en raison d'antécédents médicaux complexes.

Un centre de référence sous pression

La Maternité Issaka Gazobi de Niamey est le principal centre de référence du pays, ce qui accentue la pression sur ses équipes et ses infrastructures. Cet établissement fait face à une affluence importante, accueillant quotidiennement plus de 30 femmes pour des consultations prénatales (CPN). Ce chiffre élevé note l'ampleur des besoins en matière de suivi de grossesse dans la région. Les complications observées au deuxième trimestre de la grossesse incluent notamment les menaces d'accouchement prématuré, souvent causées par le paludisme ou diverses infections. La gestion de ces situations requiert une expertise et des ressources considérables, que la maternité s'efforce de fournir malgré les défis.

Le quotidien d'une sage-femme dévouée

À 7 heures du matin, la journée de Bassira Adamou débute avec l'accueil des patientes, la stérilisation du matériel et la vérification des stocks d'antibiotiques, de gants et de fer. Ces tâches matinales sont cruciales pour assurer le bon fonctionnement des soins tout au long de la journée. « S’il y a rupture, la journée va être compliquée », prévient-elle, soulignant l'importance d'une gestion rigoureuse des approvisionnements pour garantir la continuité des services. Au sein de l'unité de consultation externe et de planification familiale, les services offerts comprennent le suivi prénatal, les examens de routine et le conseil en santé reproductive. Ces consultations sont essentielles pour la prévention et la détection précoce des problèmes.

Bassira Adamou note l'importance du travail d'équipe : « Nous avons une équipe dynamique, motivée et disponible. Pendant que d’autres effectuent les enregistrements des noms sur le cahier de présence, le tri des patients par médecins, d’autres prennent la tension artérielle, mesurent la taille, pèsent le poids, écoutent les cœurs des bébés avec le fœtoscopie etc ». Cette organisation collective permet de gérer efficacement le flux important de patientes et d'assurer une prise en charge complète et coordonnée.

Les défis de la santé maternelle au Niger

Le rapport est daté du 10 août. Le Niger figure parmi les pays affichant les taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. Cette statistique alarmante met en lumière l'urgence des efforts pour améliorer la santé maternelle et infantile dans le pays. La Maternité Issaka Gazobi, en tant que centre de référence, est en première ligne de cette lutte.

La portée du métier de sage-femme

Le service de la maternité Issaka Gazobi est spécifiquement orienté vers la prise en charge des patientes présentant des risques accrus. Il accueille généralement les femmes à haut risque, notamment celles ayant un utérus cicatriciel, une condition qui peut compliquer sérieusement l'accouchement. Cette spécialisation est clé dans un pays où les défis liés à la santé maternelle sont importants et où l'accès à des soins spécialisés peut être limité. La capacité de l'établissement à gérer ces cas complexes en fait un maillon essentiel du système de santé de Niamey, concentrant les ressources et l'expertise sur les situations nécessitant une attention particulière et une surveillance constante. L'afflux de ces patientes note la demande constante pour des soins obstétricaux spécialisés, et le dévouement de sages-femmes comme Bassira Adamou est fondamental pour répondre à ces besoins vitaux.