La campagne agricole 2026 dans la région de Tahoua fait face à des défis notables, notamment des avortements de cultures et des retards de semis pour le mil et le sorgho, selon les données de la troisième décade de juillet 2026. Pour la culture du mil, 50 villages agricoles sur 2000 ont connu des avortements, ramenant à 1945 le nombre de villages ayant effectué les semis (97,25%), contre 1992 villages (100%) en 2025. Concernant le sorgho, 56 villages sur 2000 n'avaient pas encore effectué le premier semis, et 21 villages ont subi des avortements, dont 15 à Keita et 6 à Abalak. Au total, 1923 villages ont réalisé les semis de sorgho. À cette même période, l'état phénologique du mil et du sorgho affichait 7% pour la levée, 38% pour la levée avancée, 43% pour le tallage, 12% de montaison et 1% de nouaison/épiaison. La situation alimentaire est marquée par une hausse des prix des céréales par rapport à la décade précédente, à l'exception du riz qui a enregistré une baisse.
Bilan Pluviométrique Contrasté
La campagne agricole 2026 dans la région de Tahoua révèle des disparités importantes en matière de pluviométrie. Le maximum pluviométrique enregistré cette année a atteint 100 mm en quatre jours à Galma, dans le département de Madaoua. En revanche, le poste d'Adoua, à Bagaroua, a enregistré le minimum avec seulement 1,2 mm en un jour. À titre de comparaison, en 2025 à la même période, 133,2 mm en cinq jours avaient été recueillis à Kalfou, dans le département de Tahoua, tandis que le minimum en 2025 était de 2,9 mm en un jour au poste de Bangui, à Madaoua.
Concernant les cumuls, le poste de Bambeye, au sein du département de Tahoua, a enregistré 305,2 mm en dix jours pour l'année 2026. La plus faible hauteur de cumul en 2026 a été relevée à Koren Mahalba, Madaoua, avec 20 mm en un jour. En 2025, le cumul à la même période s'élevait à 390,5 mm en neuf jours au poste de Tajaé, à Illéla, et la plus petite hauteur de cumul était de 2 mm en un jour à Koren Mahalba.
Sur les 230 postes pluviométriques de la région de Tahoua en 2026, 84 postes affichent un excédent hydrique, dont 43 avec plus de 50 mm supplémentaires. Cependant, 127 postes sont déficitaires, dont 61 avec un déficit de plus de 50 mm. En 2025, 86 postes étaient excédentaires (dont 50 à plus de 50 mm) et 90 postes déficitaires (dont 67 à plus de 50 mm). Quinze postes n’ont pas fourni de données comparables pour cette analyse. Les 50 villages ayant subi des avortements de mil se situent dans les départements de Bouza (19 villages), Abalak (6 villages) et Keita (25 villages).
Soutien aux Producteurs
Dans la région de Tahoua, 892,58 tonnes de semences sont actuellement en cours de distribution ou de vente à prix modéré pour soutenir les producteurs. Ce volume comprend 588,25 tonnes de mil, dont 200 tonnes sont proposées à prix modéré, ainsi que 87,77 tonnes de sorgho, avec 50 tonnes à prix modéré. 100,80 tonnes de niébé, dont 30 tonnes à prix modéré, sont également disponibles, de même que 4,895 tonnes d’arachide de type 55-437. Des semences de cultures maraîchères sont aussi concernées, avec 1 627 kg de gombo, 8 539 kg de sésame et 15 kg d’oseille.
Parallèlement à la distribution de semences, 1 784 tonnes d’engrais chimique sont mises à la disposition des producteurs. Ces engrais se composent de 862,4 tonnes de NPK, 921,3 tonnes d’urée et 300 kg de DAP. La Centrale d'Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA) a spécifiquement mis en place 1 263 tonnes de ces engrais dans 18 points de vente répartis sur le territoire. Malgré ces efforts, cinq villages du département de Tassara n’ont pas encore semé de mil.
Menaces Phytosanitaires
Des infestations de criquets sont observées dans les départements de Keita et Tahoua, affectant les cultures de mil, de sorgho et de niébé au stade du tallage. Ces nuisibles comprennent des larves de Kraussaria angulifera et des adultes de Diabolocatantops axillaris.
Les superficies infestées ont été évaluées à 137 hectares, avec une densité moyenne de six individus par mètre carré. Pour faire face à ces menaces, la région dispose actuellement de 6 775 litres de pesticides. Ce stock inclut 1 775 litres de Sultan 240UL et 5 000 litres de Pyrical 240UL. La capacité d'intervention avec ces pesticides est estimée à 6 775 hectares.
Perspectives Économiques
La situation économique de la campagne agricole actuelle dans la région de Tahoua doit être mise en perspective avec les tendances des années précédentes. À la même période en 2025, une baisse des prix des céréales avait été observée par rapport à la moyenne quinquennale. Cette tendance à la baisse concernait la plupart des céréales, à l'exception notable du niébé et de l'arachide, qui avaient maintenu ou augmenté leurs valeurs marchandes. La comparaison de ces données historiques est jugée pertinente pour évaluer les dynamiques actuelles des marchés locaux et anticiper les évolutions potentielles pour la campagne 2026.