Dialogue et concertation : clés pour apaiser les conflits agro-pastoraux au Niger

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La Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) a organisé une réunion le mercredi 5 août 2026 à Tibiri-Gobir, dans la région de Maradi, au Niger. Cette rencontre a rassemblé les autorités administratives, des chefs traditionnels et des leaders communautaires. La réunion visait à offrir un espace d'écoute et de recherche de solutions face à un problème devenu un enjeu de sécurité et de développement. Parmi les participants figuraient le Général de Brigade Amadou Diddili, Président de la HACP, le Contrôleur Général de Police Issoufou Mamane, Gouverneur de Maradi, et Abdou Bala Marafa, Sultan de Gobir-Maradi. Les discussions se sont concentrées sur les causes profondes des affrontements récurrents entre les utilisateurs de ressources partagées. Le message de Tibiri-Gobir a souligné que la concertation représente la meilleure défense contre l'escalade de la violence face à la rareté des ressources. Cette approche collaborative est jugée essentielle pour désamorcer les tensions et favoriser une coexistence pacifique durable entre agriculteurs et éleveurs.

Causes profondes des tensions

La région du Sahel connaît une intensification des conflits entre agriculteurs et éleveurs en raison de la diminution des ressources naturelles. Cette situation préoccupe les autorités et les communautés, car elle affecte directement la stabilité et le développement local. L'agriculture et l'élevage représentent les principaux moyens de subsistance dans de nombreuses localités du Niger, rendant la compétition pour les ressources d'autant plus critique. L'expansion des terres agricoles, la réduction des espaces pastoraux, les effets du changement climatique et la pression démographique sont des facteurs qui alimentent la compétition pour la terre, l'eau et les pâturages. Ces dynamiques créent un environnement propice aux litiges et aux affrontements. Le Général Amadou Diddili a décrit l'environnement sahélien comme complexe, marqué par l'insécurité, les déplacements forcés, la pression sur les ressources naturelles et les tensions intercommunautaires. Il a mis en lumière la nécessité d'une compréhension approfondie de ces facteurs pour élaborer des solutions efficaces et durables.

Initiative pour la consolidation de la paix

Le Gouverneur Issoufou Mamane a affirmé que l'initiative s'inscrit dans la dynamique enclenchée par le Président de la République après sa récente visite dans la région. Cette visite a mis en évidence l'importance d'une action concertée pour aborder $1 $2 sécuritaires et de développement. Le Gouverneur a invité les participants à « faire l’état des lieux des mécanismes existants dans la prévention et la gestion non violente des conflits ruraux et, surtout, d’identifier les pistes de solutions durables ». Cette démarche vise à capitaliser sur les expériences passées et à innover pour l'avenir. La Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) estime que la réponse aux conflits ne peut être uniquement sécuritaire. Une approche holistique, intégrant les dimensions sociales, économiques et environnementales, est indispensable pour une paix durable.

Dans le cadre de cette réunion, deux panels d'experts ont été organisés pour discuter des mécanismes de prévention des conflits et des solutions durables adaptées au contexte sahélien. Ces discussions ont permis d'explorer des pistes innovantes et de partager les meilleures pratiques. L'objectif de cette démarche est de renforcer les mécanismes traditionnels de médiation et de les intégrer aux politiques publiques de consolidation de la paix. L'implication des chefs traditionnels et des leaders communautaires est jugée fondamentale pour garantir l'acceptation et l'efficacité de ces mécanismes au niveau local.

Vers des solutions durables

Le Général de Brigade Amadou Diddili, Président de la HACP, a insisté sur la nature intrinsèque des relations entre les différents acteurs ruraux. « Les utilisateurs de ressources partagées ne sont pas des ennemis. Ils sont complémentaires », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d'une approche collaborative plutôt que conflictuelle. Cette vision met en avant le potentiel de synergie et de coopération entre agriculteurs et éleveurs. La préservation de la paix nécessite une meilleure organisation de l'accès aux ressources naturelles. Ceci implique un respect scrupuleux des règles établies collectivement par les communautés. Une gestion transparente et équitable des terres, de l'eau et des pâturages est clé pour prévenir les litiges. Cette organisation et l'adhésion aux mécanismes concertés sont considérées comme essentielles pour désamorcer les tensions et favoriser une coexistence pacifique durable entre agriculteurs et éleveurs. La HACP et ses partenaires s'engagent à soutenir ces efforts pour transformer les défis en opportunités de développement partagé.

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