Le Colonel Ibrahim Moustapha, Directeur Régional de l'Environnement de Zinder, a présenté mercredi le bilan des réalisations de l'année 2025 sur le site de Babarkia, connu sous le nom de Bois Amadou Dan Bassa. Cette évaluation intervient soixante-douze heures avant la célébration de la Journée Nationale de l'Arbre, édition 2026, pour laquelle la région de Zinder se mobilise activement. Le Colonel Ibrahim Moustapha a souligné l'importance de cette initiative pour la préservation de l'environnement et l'amélioration des conditions de vie des populations locales.
Le bilan a révélé un taux de survie des plants de quatre-vingt-quinze pour cent (95 %), tel qu'évalué en juin. Ce pourcentage élevé témoigne de l'efficacité des méthodes de plantation et de suivi mises en œuvre sur le terrain. Le taux de biomasse fourragère a atteint zéro virgule soixante-seize tonnes (0,76t) par hectare de matière sèche. Pour l'ensemble des cinquante hectares (50ha) du site, cela représente un cumul de trente-huit tonnes (38t) de matière sèche, une production significative qui contribue à l'alimentation du bétail et à la restauration des sols. Ces chiffres démontrent l'impact positif du projet sur la régénération écologique de la zone.
Présentation détaillée des réalisations sur site
La célébration de la Journée Nationale de l'Arbre 2025 sur ce site a été lancée par le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, marquant ainsi l'engagement de l'État pour ces initiatives environnementales. Le site de reboisement s'étend sur une superficie de 50 hectares. Il est situé à l'intérieur de la forêt classée de Babarkia, un patrimoine naturel d'une grande valeur écologique. La forêt de Babarkia, qui couvre 1275 hectares, a été classée en 1942, soulignant son ancienneté et son rôle historique dans la région.
Les travaux réalisés sur le site ont inclus la création de demi-lunes sylvo-pastorales, des structures anti-érosives conçues pour retenir l'eau et favoriser la croissance des végétaux. Des semis de graminées fourragères ont également été effectués, notamment de l'Andropogon gayanus (gamba) et de l'Eragrotis Tremula (Burburwa), des espèces adaptées au climat local et essentielles pour le fourrage. Plus de 5000 plants de baobabs ont été mis en terre, contribuant à la biodiversité et à la résilience de l'écosystème. D'autres espèces végétales ont été plantées pour diversifier la flore et renforcer l'équilibre écologique, parmi lesquelles l'Acacia Sénégal (Dakwara), l'Acacia seyal (Farar Kaya), l'Acacia radiana (Tamatchi), le Piliostigma réticulatum (kalgo) et l'Acatia nilotica (Bagaruwa). Cette diversité d'espèces est clé pour la santé à long terme du site.
Les cinquante hectares du site ont été clôturés avec un grillage de qualité, renforcé par des angles, afin de protéger les jeunes plants des intrusions et du pâturage non contrôlé. Un forage équipé d'un château d'eau d'une capacité de 10m³ a été réalisé pour l'approvisionnement en eau, assurant une irrigation régulière et essentielle à la survie des plants, surtout pendant les périodes sèches. En complément des infrastructures, l'installation de lampadaires solaires a été effectuée, améliorant la sécurité et la visibilité sur le site, notamment pour les gardiens. En décembre, 3000 mètres de pare-feu ont été créés autour du site afin de prévenir les incendies, une mesure préventive clé dans cette région sujette aux feux de brousse. Malgré ces efforts, des rongeurs ont endommagé certains des jeunes plants mis en terre, un défi courant dans les projets de reboisement qui nécessite une surveillance constante.
Mesures de sécurité et de suivi renforcées
Pour assurer la protection du site, deux gardiens ont été recrutés. Leur mission est de veiller en permanence sur la zone, jouant un rôle clé dans la prévention des dégradations et le maintien de l'intégrité du reboisement. En complément, deux caméras de surveillance ont été installées afin de permettre une surveillance à distance du périmètre, offrant une couche de sécurité supplémentaire et une capacité de réaction rapide en cas d'incident. Un gestionnaire de site a également été désigné parmi les agents présents, garantissant ainsi un suivi rapproché des opérations et de l'état des plants. Ce gestionnaire est responsable de la coordination des activités quotidiennes et de l'optimisation des ressources.
Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a apporté son soutien au projet en finançant l'installation d'un système d'irrigation goutte-à-goutte. Ce dispositif couvre une superficie de douze hectares, optimisant l'approvisionnement en eau des jeunes plants et contribuant à leur survie, particulièrement dans un climat aride. Ce système permet une utilisation efficiente de l'eau, minimisant le gaspillage et maximisant l'hydratation des racines. La pérennité et le développement du site reposent également sur une mobilisation locale notable. Des partenaires locaux, des opérateurs économiques, des associations ainsi que des particuliers contribuent activement à la réussite de l'événement et aux efforts de reboisement. Cette implication collective vise à renforcer les actions menées sur le terrain, créant un sentiment d'appropriation et de responsabilité partagée.
Contexte et préparation de la journée nationale
Le site restauré a favorisé le retour de certains animaux sauvages, parmi lesquels des lièvres, des écureuils et de nombreux oiseaux, preuve de la revitalisation de l'écosystème. Cette biodiversité accrue est un indicateur de la bonne santé écologique du Bois Amadou Dan Bassa. Pour la préparation de la Journée Nationale de l'Arbre, un comité régional d'organisation a été mis en place par un arrêté du Gouverneur. Ce comité est chargé de coordonner l'ensemble des activités liées à l'événement. Parallèlement, quatre commissions spécialisées ont été créées pour structurer les efforts. Ces commissions se sont concentrées sur la mobilisation des ressources nécessaires à la tenue de l'événement, l'organisation d'un concours de plantation pour encourager la participation citoyenne et sensibiliser à l'importance de l'arbre. Une commission dédiée à la communication, la formation et la sensibilisation du public a également été mise en place pour diffuser les messages clés et éduquer la population. Enfin, une commission a été chargée des aspects de sécurité, de protocole et de santé, assurant le bon déroulement des festivités et la protection de tous les participants. La Journée Nationale de l'Arbre sert également de cadre pour des campagnes mensuelles de sensibilisation à la protection de l'environnement et à la gestion durable des terres, prolongeant ainsi l'impact de l'événement sur le long terme.
Implications pour la souveraineté alimentaire et le développement durable
La restauration des bases productives, incluant les écosystèmes forestiers, les terres agricoles, les zones pastorales et la production piscicole, est un facteur clé pour la souveraineté alimentaire. Cette approche contribue directement à l'autosuffisance alimentaire des populations, selon les principes soutenus par de nombreux experts en développement durable. Les efforts de reboisement et de réhabilitation des terres, tels que ceux entrepris sur le site de Bois Amadou Dan Bassa à Zinder, visent à renforcer la capacité locale à produire des ressources essentielles. En améliorant la biomasse végétale et en favorisant la biodiversité, ces initiatives créent un environnement plus résilient face aux défis climatiques et assurent une meilleure disponibilité des ressources naturelles. Cela permet de réduire la dépendance à l'égard des importations et de garantir une alimentation stable et diversifiée pour les communautés locales. Le projet Bois Amadou Dan Bassa n'est pas seulement une opération de plantation d'arbres ; il s'inscrit dans une vision plus large de développement durable, où la protection de l'environnement est intrinsèquement liée à la sécurité alimentaire et au bien-être des populations. L'engagement des autorités, des partenaires et de la communauté locale pour ce site exemplaire démontre une volonté collective de construire un avenir plus vert et plus autonome pour la région de Zinder.