Évaluation des projets de paix dans la région de Tahoua par une délégation conjointe HACP-PNUD

Haute Autorité à la Consolidation de la Paix
Photo: Haute Autorité à la Consolidation de la Paix via Journalduniger

Une délégation conjointe de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) et du Fonds pour la Consolidation de la Paix (PBF) des Nations Unies s'est rendue dans la région de Tahoua le mardi 3 juin 2026. La visite visait à évaluer l'impact des projets financés et à définir les priorités futures. Mme Boukar Yagana, Secrétaire Générale Adjointe de la HACP, et M. Williams Bian James, Chef de la Direction du Fonds pour la consolidation de la paix au PBPSO à New York, ont codirigé cette délégation. Cette initiative avait pour objectif de confirmer l'attention nationale et internationale portée aux projets qui intègrent le développement économique, l'inclusion sociale et la prévention des conflits. La présence de ces hauts responsables soulignait l'importance accordée à la région de Tahoua dans les efforts de paix et de développement.

Premiers constats et défis

La délégation a rencontré le gouverneur de la région ainsi que les autorités administratives locales à Tahoua. Au cours de cette réunion, plusieurs défis ont été identifiés. Ces défis incluent la coordination multisectorielle, les capacités logistiques, et la nécessité de renforcer le suivi financier des projets, selon les informations recueillies. Les discussions ont permis d'obtenir une première vue d'ensemble des réalités du terrain et des obstacles rencontrés dans la mise en œuvre des initiatives de consolidation de la paix.

Par la suite, une réunion conclusive a rassemblé les autorités locales, les partenaires de mise en œuvre et le comité régional de suivi afin d'évaluer la situation générale. Cette rencontre a permis de mettre en lumière des difficultés persistantes. Parmi celles-ci figuraient des capacités techniques locales jugées faibles, un accès au marché contraint, des infrastructures fragiles et des procédures de décaissement lentes, selon les participants. Ces points ont été soulevés comme des freins majeurs à l'efficacité et à la pérennité des projets en cours. L'ensemble des acteurs présents a reconnu la complexité de ces défis, qui nécessitent une approche coordonnée et des solutions adaptées au contexte local.

Impact sur les bénéficiaires et témoignages de succès

La mission a visité l'Espace Saraounia à Tahoua afin d'y rencontrer des femmes bénéficiaires d'activités génératrices de revenus (AGR). Ces dernières ont fait état d'un impact positif sur leurs parcours personnels et familiaux. Elles ont souligné comment ces activités leur ont permis de gagner en autonomie économique et d'améliorer les conditions de vie de leurs ménages.

Des bénéficiaires ont indiqué que des soutiens modestes, tels que la fourniture de kits de production, des formations en gestion et un accès aux marchés locaux, avaient contribué à cette amélioration. Ces appuis ciblés se sont avérés essentiels pour la réussite de leurs entreprises. Des médiateurs locaux, engagés dans la prévention des conflits, ont également rapporté des progrès. Ils ont signalé des avancées significatives dans la résolution des tensions foncières et intercommunautaires au niveau local. Leur travail de proximité a permis de désamorcer des situations potentiellement conflictuelles et de renforcer la cohésion sociale au sein des communautés. Ces témoignages concrets ont illustré le potentiel transformateur des projets mis en œuvre, malgré les défis structurels identifiés.

Recommandations pour l'avenir

Les discussions ont abouti à une série de recommandations précises visant à optimiser l'efficacité des interventions futures. Une proposition centrale concerne la consolidation du suivi-évaluation de l'impact social des activités génératrices de revenus (AGR). Cette démarche vise à mieux mesurer les retombées concrètes des projets sur les populations bénéficiaires, selon les informations recueillies. Une évaluation rigoureuse permettra d'ajuster les stratégies et de maximiser les bénéfices pour les communautés.

Des recommandations ont également porté sur la nécessité de renforcer les capacités des acteurs locaux. Il s'agit notamment d'assurer une formation continue aux médiateurs et aux acteurs communautaires, considérés comme essentiels dans les mécanismes de résolution des conflits. L'objectif est de leur fournir les outils et les compétences nécessaires pour prévenir et gérer les tensions au niveau local de manière autonome et durable. Les participants ont souligné l'importance d'améliorer la coordination entre la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), le Fonds pour la Consolidation de la Paix (PBF) et les partenaires nationaux. Une meilleure synergie entre ces entités est jugée indispensable pour éviter les doublons et maximiser l'impact des actions. Enfin, il a été suggéré d'expérimenter des chaînes de valeur locales renforcées. Cette approche vise à stimuler l'économie locale et à créer des opportunités durables pour les communautés, contribuant ainsi à la stabilité régionale. Ces recommandations serviront de feuille de route pour les futures interventions, garantissant une approche plus intégrée et efficace pour la consolidation de la paix et le développement dans la région de Tahoua.