France redéfinit sa présence en Afrique : Cap sur le Kenya et l'Est du continent

Le président Emmanuel Macron est arrivé au Kenya pour le sommet Africa Forward 2026, qui se tient à Nairobi le dimanche 10 mai 2026. Cette rencontre marque un changement d'orientation diplomatique pour la France, qui cherche à redéfinir sa présence sur le continent africain en se tournant vers l'Est. En marge du sommet, Emmanuel Macron a rencontré le président kényan William Ruto à Nairobi.

Pour la première fois depuis sa création en 1973, le sommet Afrique-France, désormais renommé Africa Forward, se déroule en territoire anglophone, loin de ses racines francophones. L'objectif officiel est de bâtir un « partenariat égal » axé sur l'innovation et le climat. Paris cherche à s'associer au Kenya, désigné comme un champion régional de l'innovation et de l'intégration dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Emmanuel Macron a affirmé que « Notre politique de pré carré en Afrique francophone est terminée depuis 2017 ». Il a ajouté : « Nous pouvons être en désaccord avec certains de ces gouvernements… mais nous ne serons jamais en désaccord avec les peuples. » Le président français a également déclaré : « L’Europe n’est pas le prédateur de ce siècle. Nous proposons une stratégie d’autonomie, pas de dépendance. »

Nouveaux partenariats économiques majeurs

Paris et Nairobi ont officialisé la signature de 11 accords bilatéraux majeurs, marquant une étape significative dans le renforcement de leur coopération. Ces ententes couvrent divers secteurs économiques et d'infrastructures, soulignant l'ambition d'une collaboration étendue entre la France et le Kenya.

Le géant maritime français CMA CGM s'est engagé à investir 104 milliards de shillings kényans, soit environ 700 millions d'euros, dans le développement et la modernisation du port de Mombasa. Cet investissement vise à transformer l'une des principales portes d'entrée maritimes de l'Afrique de l'Est, renforçant ainsi les capacités logistiques de la région.

Un financement de 12,5 milliards de shillings kényans a été approuvé pour la réhabilitation du réseau ferroviaire de banlieue de Nairobi. Ce projet vise à améliorer la mobilité urbaine dans la capitale kényane, en modernisant les infrastructures de transport existantes pour répondre aux besoins croissants des habitants.

Les accords signés incluent également le financement de la rénovation du barrage hydroélectrique de Masinga, une infrastructure clé pour la production d'énergie du pays. Parallèlement, la création d'un centre national de contrôle de l'électricité est prévue, ce qui devrait optimiser la gestion et la distribution de l'énergie à travers le Kenya.

Un programme dédié au déploiement de la fibre optique à l'échelle nationale kényane fait partie intégrante de ce partenariat. Ce projet ambitionne d'améliorer la connectivité numérique dans le pays, favorisant ainsi le développement économique et l'accès aux services en ligne pour les populations.

Au-delà des engagements bilatéraux, le sommet a réuni plus de 30 délégations africaines. Cette présence note l'intérêt continental pour les discussions et les orientations stratégiques abordées lors de l'événement, positionnant le Kenya comme un acteur central dans les dynamiques régionales.

Changement de stratégie diplomatique

Les troupes françaises ont été contraintes de quitter le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad au cours des dernières années, marquant un recul de la présence militaire française dans la bande sahélienne. Face à ces évolutions, Emmanuel Macron a insisté sur la fin d'une approche historique, déclarant que « Notre politique de pré carré en Afrique francophone est terminée depuis 2017 ».

Le président français a également précisé la position de Paris vis-à-vis des gouvernements africains. « Nous pouvons être en désaccord avec certains de ces gouvernements… mais nous ne serons jamais en désaccord avec les peuples », a affirmé Emmanuel Macron. Cette déclaration s'inscrit dans une volonté affichée de renouveler les relations bilatérales.

Poursuivant sur cette ligne, le chef de l'État a cherché à dissocier l'Europe de toute perception d'ingérence ou d'exploitation sur le continent africain. Selon Emmanuel Macron, « L’Europe n’est pas le prédateur de ce siècle ». Il a ajouté que la France, et par extension l'Europe, propose une approche différente : « Nous proposons une stratégie d’autonomie, pas de dépendance ». Cette réorientation stratégique vise à établir des partenariats basés sur des intérêts mutuels et le développement économique.

Engagement envers la jeunesse africaine

Plus de 1 500 jeunes, étudiants et entrepreneurs se sont rassemblés à l'Université de Nairobi pour participer au forum économique Africa Forward. Cet événement a mis en lumière l'importance accordée par la France à la jeunesse africaine dans sa stratégie de renouvellement des partenariats sur le continent.

À cette occasion, le président français Emmanuel Macron a annoncé un objectif ambitieux : former un million de jeunes Africains aux professions du numérique d'ici 2030. Cette initiative s'inscrit dans la volonté de Paris de soutenir le développement des compétences et l'employabilité des jeunes sur le continent. Emmanuel Macron a réitéré sa position sur les relations franco-africaines en déclarant : « Notre politique de pré carré en Afrique francophone est terminée depuis 2017 ». Il a également souligné la distinction entre les gouvernements et les populations, affirmant : « Nous pouvons être en désaccord avec certains de ces gouvernements… mais nous ne serons jamais en désaccord avec les peuples. » Le président français a tenu à clarifier la nature de l'engagement européen, précisant que « L’Europe n’est pas le prédateur de ce siècle. Nous proposons une stratégie d’autonomie, pas de dépendance. »