Hausse des prix du poisson de rivière à Niamey : la saison des pluies met les pêcheurs à rude épreuve

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À Niamey, le prix du poisson de rivière a récemment augmenté de manière significative, passant de 2 000 F CFA à 2 500 F CFA, atteignant même 3 500 F CFA le kilogramme sur certains marchés. Cette hausse est directement liée à l'installation annuelle de la saison des pluies, qui provoque une montée des eaux du fleuve Niger. La crue perturbe significativement les activités des pêcheurs locaux, rendant la pêche plus difficile et, par conséquent, le poisson plus rare et plus cher sur les marchés de la capitale nigérienne. Cette augmentation des prix est principalement attribuée à la rareté du poisson, elle-même directement liée aux difficultés de capture rencontrées durant cette période spécifique.

Obstacles à la capture

La montée des eaux du fleuve Niger, caractéristique de la saison des pluies, modifie le comportement des poissons, les poussant à quitter leurs lieux de rassemblement habituels pour se réfugier dans des zones plus profondes et plus propices à leur survie. Ce déplacement rend leur capture considérablement plus ardue pour les pêcheurs de Niamey. Parallèlement, la prolifération des plantes aquatiques représente un obstacle majeur. Le développement du jacinthe d'eau et du tifa sur le fleuve entrave non seulement la navigation des embarcations de pêche, mais complique également l'utilisation des filets et autres engins de capture, réduisant ainsi l'efficacité des sorties. Ces conditions cumulées contribuent directement à la diminution des prises et, par voie de conséquence, à la rareté du poisson sur les marchés locaux, alimentant la spirale de la hausse des prix.

Impact sur le secteur

L'activité de la pêche au Niger représentait un secteur clé en 2023, avec plus de 70 000 personnes dont la subsistance en dépendait. Des milliers de familles tirent leurs revenus directement ou indirectement de cette activité. La production nationale de poisson a atteint près de 50 000 tonnes au cours de la même année, soulignant l'importance de cette ressource pour l'économie locale et la sécurité alimentaire. En termes économiques, la valeur de cette production halieutique a dépassé les 72 milliards de francs CFA en 2023, démontrant le poids financier du secteur. Ces chiffres illustrent l'ampleur de l'impact que les perturbations actuelles peuvent avoir sur l'économie et la vie des populations.

Témoignages des acteurs

L'augmentation des prix est principalement due à la rareté du poisson, elle-même liée aux difficultés de capture rencontrées pendant cette période. Les pêcheurs doivent faire face à des conditions de travail dégradées et à des dangers accrus. La présence d'hippopotames constitue un risque supplémentaire pour leur sécurité. Ces animaux se déplacent dans les zones où les pêcheurs opèrent, augmentant ainsi le danger d'attaques et la crainte des pêcheurs de s'aventurer dans certaines zones. Ces témoignages confirment que la difficulté d'accès au poisson n'est pas seulement une question de technique, mais aussi de sécurité personnelle pour ceux qui vivent de cette activité.

Défis structurels du secteur

Le secteur de la pêche au Niger est confronté à des défis structurels majeurs, qui vont au-delà des aléas saisonniers. Ces obstacles incluent les variations du niveau de l'eau, la dégradation de l'écosystème due à divers facteurs environnementaux, et un faible accès au financement et aux équipements nécessaires pour moderniser les pratiques de pêche. À ces obstacles s'ajoutent une surveillance insuffisante des ressources halieutiques, l'insécurité grandissante dans certaines régions, et la prolifération des plantes aquatiques comme la jacinthe d'eau et le tifa, qui étouffent les cours d'eau et rendent la navigation et la pêche plus difficiles. Ces facteurs combinés entravent considérablement la productivité et la durabilité de l'activité de pêche, rendant le secteur vulnérable aux chocs comme la saison des pluies actuelle.