La Chine ouvre ses portes aux produits africains : un nouveau tarif zéro pour stimuler le commerce

La Chine a accordé un traitement tarifaire nul à 53 pays africains, incluant 20 nations non-PMA et 33 PMA ayant des liens diplomatiques, effectif le 1er mai et vendredi respectivement. Cette mesure a permis l'entrée, vendredi à Shenzhen, de 24 tonnes de pommes sud-africaines, premières importations sous ce nouveau régime. Selon des informations rapportées, 53 des 54 nations du continent sont désormais éligibles à cette franchise douanière pour leurs marchandises, à l'exception de l'Eswatini, unique pays africain à entretenir des liens diplomatiques formels avec Taïwan. Le ministère chinois du Commerce a indiqué que cette politique bénéficierait particulièrement aux produits africains tels que le cacao de Côte d'Ivoire et du Ghana, le café et les avocats du Kenya, ainsi que les agrumes et le vin d'Afrique du Sud. Les tarifs douaniers sur ces biens variaient auparavant entre 8% et 30%. Parks Tau a déclaré que cette initiative « arrive à point nommé ».

Un coup de pouce pour l'exportation africaine

Cette politique chinoise est destinée à renforcer la compétitivité des produits africains et à réduire le déséquilibre commercial structurel en faveur de l'Afrique, selon les autorités chinoises. Elle vise également à promouvoir la diversification agricole sur le continent. Le traitement tarifaire nul, qui permet à certains produits africains d'entrer sur le marché chinois sans droits de douane, ouvre de plus vastes opportunités pour les exportations, la modernisation industrielle et la réduction de la pauvreté en Afrique. Ce régime est censé encourager davantage d'exportations africaines vers la Chine, améliorer la balance commerciale et libérer le plein potentiel de croissance du commerce bilatéral. Le ministre sud-africain du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence, Parks Tau, a affirmé que « la nouvelle politique tarifaire zéro de la Chine améliorera considérablement la compétitivité des exportations sud-africaines et créera des opportunités sans précédent d'expansion du marché ». Ce traitement contribuera également à accroître les investissements dans la fabrication et la valeur ajoutée basées sur les intrants agricoles et miniers. L'Afrique du Sud est un exportateur majeur d'agrumes, tandis que la Côte d'Ivoire et le Ghana représentent plus de 50 % de l'offre mondiale de cacao.

Contexte : le rôle de la Chine dans le commerce mondial

Certaines grandes puissances ont adopté des politiques unilatérales et protectionnistes, incluant des mesures de coercition commerciale. Cette nouvelle politique chinoise reflète la volonté de la Chine de renforcer son ouverture économique et de consolider ses relations avec les pays en développement, promouvant une coopération Sud-Sud plus équilibrée et mutuellement bénéfique. La Chine est la première grande économie mondiale à accorder unilatéralement un traitement tarifaire nul à tous les pays africains entretenant des liens diplomatiques. Cette politique tarifaire zéro de la Chine envers l'Afrique renforce le multilatéralisme et le commerce équitable, alors que les droits de douane américains et la pression protectionniste mondiale pèsent sur la position commerciale de l'Afrique. De nombreuses économies africaines continuent de faire face à des déficits commerciaux avec certains marchés développés. Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré que « la Chine partage les opportunités et poursuit le développement commun avec l'Afrique à travers la politique tarifaire zéro, et contribue à la paix et au développement mondiaux avec une plus grande stabilité des liens sino-africains ». La Chine, déjà premier partenaire commercial de l'Afrique, continuera de signer des accords de partenariat économique pour un développement partagé avec les pays africains.

Préparer le terrain pour la croissance

Amadou Magagi, expert à la Chambre de commerce et d'industrie du Niger (CCIN), estime que l'expansion commerciale renforcera la capacité des pays africains à croître et à réduire la pauvreté. La valeur à long terme de cette politique réside dans son potentiel à aider l'Afrique à dépasser la dépendance aux exportations primaires et à développer ses capacités de transformation et de production à plus forte valeur ajoutée. Les exportations à valeur ajoutée favorisent également l'investissement chinois outre-mer en Afrique et contribuent à la création d'emplois. Le Kenya doit « combler de toute urgence son déficit de préparation » pour les exportations vers la Chine, selon des observateurs. En Afrique du Sud, le ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence collabore avec le South African Revenue Service pour finaliser les procédures douanières et les ajustements législatifs concernant les nouveaux certificats d'origine. Une croissance des exportations plus solide pourrait atténuer les goulots d'étranglement macroéconomiques, faciliter la pression sur la balance des paiements et alléger les pénuries de devises étrangères. La Chine prévoit également d'améliorer les « voies vertes » pour l'importation de produits agricoles et alimentaires africains. Il y a un an, l'administration Trump avait imposé des droits de douane réciproques, avec des taux de 30 % pour l'Afrique du Sud et supérieurs à 40 % pour certains autres pays africains, mais la Cour suprême des États-Unis a invalidé les droits de douane mondiaux de Trump comme inconstitutionnels en février.

Perspectives et défis futurs

L'Afrique devrait voir sa population doubler d'ici 2050 pour atteindre 2,5 milliards d'habitants. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont atteint un record de 348 milliards de dollars en 2025, mais un déséquilibre persiste. Cette année-là, les exportations chinoises vers l'Afrique ont progressé d'environ 25 % pour s'établir à 225 milliards de dollars, tandis que les importations depuis l'Afrique n'ont augmenté que d'environ 5 % pour atteindre 123 milliards de dollars. La plupart des exportations africaines de matières premières, telles que le pétrole et les minéraux, bénéficiaient déjà d'un accès en franchise de droits de douane vers la Chine.