Une conférence s'est tenue à Niamey le mercredi 19 août 2026 au soir, organisée par la Commission Nationale de la Confédération de l'Alliance des États du Sahel (AES) du Burkina Faso. L'événement, qui a eu lieu dans la salle de conférence du Palais des Congrès de Niamey, portait sur le thème « La bataille pour la conquête de la souveraineté dans le cadre de la Confédération des États du Sahel (AES) : vision historique et prospective ». Cette rencontre visait à apporter des réponses concrètes et approfondies concernant les ressorts, la nature, l'originalité et les enjeux de la dynamique de souveraineté portée par la Confédération des États du Sahel. La conférence a ainsi offert une plateforme essentielle pour l'échange d'idées et la consolidation de la vision stratégique de l'Alliance.
Genèse et Cadre de l'AES
Le processus de libération nationale, marqué par des coups d'État au Mali en 2021, au Burkina Faso en 2022 et au Niger en 2023, est jugé par l'ambassadeur Illo Adani plus décisif que les phases précédentes. Il a souligné l'importance capitale de ces événements pour l'affirmation de la région. L'Alliance des États du Sahel (AES) est née à la suite de l'avènement de trois régimes militaires qualifiés de patriotiques, souverainistes et panafricanistes, marquant un tournant significatif dans l'histoire de ces nations. Le traité instituant la Confédération des États du Sahel (AES) a été signé le 6 juillet 2024 à Niamey, officialisant ainsi cette union stratégique et politique.
Nouhou Arzika a rappelé les tournants décisifs du 26 juillet 2023, date charnière pour la région, et a mis en lumière l'importance de la solidarité régionale. Dès les premières heures suivant les événements du 26 juillet 2023, le Mali et le Burkina Faso ont manifesté leur solidarité inébranlable avec le Niger, démontrant la force des liens unissant les membres de l'Alliance. Cette solidarité s'est accompagnée d'une transformation profonde du paysage géopolitique local, notamment par le départ des forces étrangères. Les forces étrangères ont quitté le Niger entre le 2 septembre 2023 et le 22 décembre 2023, un acte symbolique fort de la souveraineté retrouvée. Au cours des discussions, les motivations profondes des trois chefs d'État ayant conduit à la création de l'AES, ainsi que leur vision ambitieuse pour son renforcement et son développement futur, ont été détaillées avec précision. La résilience et la détermination de la population nigérienne face aux sanctions imposées par la CEDEAO ont été saluées, illustrant la force du soutien populaire aux nouvelles orientations politiques.
La Souveraineté en Pratique
L'Alliance des États du Sahel (AES) existe depuis deux ans, période durant laquelle elle a, selon ses membres, défini sa ligne politique avec clarté, choisi ses partenaires librement et assuré sa défense de manière autonome, loin des influences extérieures. Bassolma Bazié a déclaré que la souveraineté exigeait lutte, sacrifices et engagement inébranlable de la part de tous les acteurs. Il a souligné les souffrances endurées par les populations africaines sous la domination et l'influence persistante des puissances occidentales, plaidant pour une émancipation totale. Bassolma Bazié a également mis l'accent sur la nécessité impérieuse d'unité et de solidarité entre les trois pays membres de l'AES, considérant ces valeurs comme le socle de leur force collective.
S'exprimant sur les manifestations concrètes de cette souveraineté nouvellement acquise, Bassolma Bazié a évoqué la richesse abondante des pays du Sahel, une ressource essentielle pour leur développement indépendant. Il a également mis en avant la mobilisation populaire exceptionnelle et les sacrifices considérables consentis par les forces de défense et de sécurité pour garantir la souveraineté et la sécurité de leurs nations. Ces efforts conjoints, a-t-il affirmé, sont la preuve tangible d'une volonté collective d'autonomie. Il a en outre appelé au renforcement significatif des hôpitaux, à l'amélioration de l'accès aux soins de santé pour tous, et au développement du personnel médical ainsi que des infrastructures sanitaires, considérant ces éléments comme des preuves tangibles et indispensables de la souveraineté nationale. Enfin, Bassolma Bazié a insisté sur l'importance clé de l'éducation de qualité et de la création d'emplois durables pour asseoir cette indépendance sur des bases solides et assurer un avenir prospère aux populations du Sahel.
Perspectives panafricanistes et anti-impérialistes
La conférence a examiné en profondeur les conséquences de la dynamique de souveraineté de l'AES sur le panafricanisme et la lutte contre l'impérialisme, ainsi que les leçons précieuses à tirer pour l'ensemble du continent africain. Cet événement s'est focalisé sur la manière dont l'affirmation résolue de la souveraineté par l'Alliance des États du Sahel peut inspirer d'autres nations africaines dans leur quête d'autonomie politique, économique et de développement endogène. Les discussions ont mis en lumière les défis inhérents et les opportunités prometteuses que représente cette approche novatrice pour l'unité africaine et la résistance collective aux influences extérieures néfastes. Les participants ont analysé en détail les mécanismes par lesquels les pays de l'AES entendent consolider leur indépendance politique et économique, tout en promouvant activement une vision panafricaniste intégrée et ambitieuse. L'impact potentiel de ces actions sur la redéfinition des relations internationales de l'Afrique et sur l'émergence d'un nouvel ordre mondial plus équitable a également été un point central et passionnant des échanges.