Le FMI conclut la neuvième revue du programme économique du Niger, ouvrant la voie à un décaissement

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Photo: DR via Journalduniger

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Le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités nigériennes ont annoncé la conclusion de la neuvième revue du programme économique du Niger, soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), le 15 juin. Cette étape marque une avancée significative dans le partenariat entre l'institution financière internationale et le pays ouest-africain. Cet accord ouvre la voie à un décaissement et est soumis à l'approbation du Conseil d'administration du FMI, attendue fin juillet. Cette approbation est une étape formelle clé pour la poursuite du soutien financier. Le programme initial de la FEC avait été approuvé le 8 décembre 2021, posant les bases des réformes économiques entreprises par le Niger avec l'appui du FMI. Ce programme a été complété en juillet 2023 par un accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), renforçant ainsi le soutien financier et technique apporté au pays pour faire face aux défis structurels et climatiques. La conclusion de cette neuvième revue note les efforts continus du Niger pour maintenir la stabilité macroéconomique et mettre en œuvre des réformes structurelles.

Projections de croissance optimistes

Le Fonds monétaire international prévoit une croissance économique du Niger de 6,9 % en 2025 et de 7 % en 2026. Ces chiffres témoignent d'une perspective économique positive pour le pays dans les années à venir. Cette croissance est principalement tirée par les secteurs de l'agriculture et des industries extractives, notamment les exportations de pétrole brut. L'augmentation de la production et de l'exportation de pétrole devrait jouer un rôle clé dans la dynamisation de l'économie nigérienne. Le secteur agricole, pilier traditionnel de l'économie, devrait également contribuer de manière substantielle à cette expansion. À moyen terme, l'institution financière internationale anticipe une stabilisation du taux de croissance autour de 6 %, ce qui suggère une trajectoire de développement économique solide et durable pour le Niger. Ces projections sont basées sur une analyse approfondie des tendances actuelles et des politiques économiques mises en œuvre par les autorités nigériennes.

Progrès réalisés et objectifs

Le Fonds monétaire international (FMI) a jugé les résultats du programme nigérien satisfaisants, notamment au regard des objectifs fixés pour fin décembre 2025 et mars 2026. Cette évaluation positive reflète les efforts considérables déployés par les autorités pour atteindre les cibles macroéconomiques et structurelles établies. Les autorités du Niger ont également réalisé des avancées significatives dans le renforcement de la gestion de la trésorerie et dans l'apurement des arriérés de paiement intérieurs. Ces mesures sont essentielles pour améliorer la discipline budgétaire et la transparence des finances publiques, créant ainsi un environnement plus stable pour les entreprises et les investisseurs. Ces efforts s'inscrivent dans une démarche plus large de consolidation de la discipline budgétaire et de l'efficacité administrative, visant à optimiser l'utilisation des ressources publiques.

Des progrès ont été enregistrés en matière de transparence dans le secteur pétrolier, incluant la publication de contrats entre l'État et les compagnies pétrolières. Cette initiative vise à améliorer la gouvernance et à assurer une meilleure redevabilité des revenus issus des ressources naturelles du pays, garantissant que les bénéfices de cette richesse profitent à l'ensemble de la population nigérienne. La publication de ces contrats est un pas important vers une gestion plus ouverte et responsable des ressources extractives. Le FMI a par ailleurs prolongé l'accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) de douze mois, faisant passer sa durée jusqu'en décembre 2026. Cette extension témoigne de la poursuite de l'engagement de l'institution financière internationale auprès du Niger, reconnaissant les progrès accomplis et la nécessité d'un soutien continu pour consolider les réformes. Cette prolongation offre une période supplémentaire pour la mise en œuvre des réformes et l'atteinte des objectifs à long terme.

Risques persistants pour l'économie

Malgré les progrès, des risques significatifs pèsent encore sur l'économie nigérienne. Le Fonds monétaire international a identifié l'insécurité régionale et la persistance des conflits armés comme des menaces majeures pour la stabilité économique du pays. Ces facteurs peuvent perturber les activités commerciales, entraver les investissements et engendrer des déplacements de populations, impactant ainsi la production et les revenus dans diverses régions du pays. L'instabilité sécuritaire peut également détourner des ressources importantes qui pourraient être allouées au développement économique et social.

Les chocs climatiques récurrents, tels que les sécheresses et les inondations, constituent également des risques importants. Ces phénomènes météorologiques extrêmes affectent directement le secteur agricole, qui est un pilier de l'économie nigérienne, menaçant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance d'une grande partie de la population. La dépendance de l'économie nigérienne à l'agriculture la rend particulièrement vulnérable aux aléas climatiques, nécessitant des stratégies d'adaptation et de résilience.

L'environnement de financement externe restrictif représente un défi supplémentaire pour le Niger, selon le FMI. Cette contrainte peut limiter l'accès du pays aux capitaux nécessaires pour financer des projets de développement et soutenir les réformes économiques, rendant plus difficile la mobilisation des fonds pour les investissements publics et privés. La capacité du Niger à attirer des financements extérieurs est clé pour réaliser son potentiel de croissance et surmonter ses défis structurels.

Soutien et perspectives futures

L'approbation par le Conseil d'administration du FMI, prévue à la fin du mois de juillet, doit permettre un décaissement d'environ 33 millions de dollars américains. Ce montant correspond à 24,0828 millions de Droits de Tirage Spéciaux (DTS), une unité de compte internationale utilisée par le FMI. Ce décaissement, vital pour les finances publiques du Niger, équivaut à près de 18,5 milliards de francs CFA, selon les informations fournies par le Fonds monétaire international. Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international est programmé pour examiner le cas du Niger lors d'une réunion prévue à la fin du mois de juillet. Cette réunion sera l'occasion de valider officiellement les résultats de la neuvième revue et de confirmer le décaissement. Ce soutien financier s'inscrit dans le cadre du programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit, réaffirmant l'engagement du FMI à accompagner le Niger dans ses efforts de développement et de stabilisation économique.