Le Niger et le secteur privé s'engagent pour la transformation économique et la souveraineté industrielle

Le ministre du Commerce et de l'Industrie, Abdoulaye Seydou, a présidé le 3ème Journée de Redevabilité et d'Échange avec le secteur privé, marquant une étape clé à Niamey dans l'engagement du Niger pour la transformation économique. La session s'est concentrée sur une évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre des recommandations issues de la précédente rencontre, tenue le 4 février 2026. Monsieur Seydou a décrit cette initiative comme un exercice de « redevabilité et de responsabilité partagée permettant d’examiner les recommandations (...) afin d’en comprendre les éventuels retards ou blocages ». Il a souligné l'importance stratégique du développement industriel, visant à faire passer le Niger « d’une économie essentiellement consommatrice de produits importés à une économie capable de produire, transformer et exporter davantage ».

Dialogue Gouvernement-Secteur Privé Renforcé

L'événement s'est déroulé le mardi 15 septembre 2026 à Niamey, dans le cadre de la Journée de Redevabilité et d'Échange avec le secteur privé. Le ministre Abdoulaye Seydou a déclaré que la tenue régulière de ces journées reflète « la volonté du gouvernement de faire du dialogue avec le secteur privé un instrument permanent d’évaluation et d’amélioration de l’action publique en faveur du développement économique ».

Les participants ont examiné le rapport d'étape à mi-parcours concernant la mise en œuvre des recommandations issues de la précédente Journée de Redevabilité. Monsieur Seydou a rappelé que « une recommandation n’a de valeur que lorsqu’elle se traduit par une action concrète et que cette action produit des résultats perceptibles pour les acteurs économiques ainsi que pour les populations ». Le ministre Abdoulaye Seydou a appelé les participants à « identifier avec précision les contraintes qui continuent de peser sur l’activité économique et de dégager des solutions réalistes, assorties autant que possible de responsabilités et d’échéances ». Il a conclu en affirmant que « L’État ne peut pas industrialiser le Niger seul, le secteur privé ne peut pas non plus industrialiser le Niger seul. C’est ensemble que nous devons construire cette nouvelle dynamique industrielle ».

Vision du Secteur Privé pour l'Avenir

Le vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Niger, Kabirou Oumarou, a exposé les attentes du secteur privé pour un environnement économique propice. Il a notamment souligné la nécessité de règles claires, d'une administration accessible, d'un meilleur accès au financement, d'infrastructures adaptées, d'une énergie disponible et compétitive, ainsi que d'une logistique efficace pour soutenir l'activité économique.

Diaroumey Djibrilla, secrétaire exécutif de la Confédération Générale du Patronat du Niger (CGPN), a réaffirmé l'adhésion des employeurs à une vision axée sur la souveraineté économique. Cette vision inclut également des objectifs de sécurité alimentaire et de création d'emplois pour la population nigérienne.

La CGPN prévoit la création de deux entreprises agricoles par commune du Niger. L'une de ces entreprises serait dédiée à la production agricole, tandis que l'autre se concentrerait sur la transformation des produits. Ce projet ambitieux nécessiterait un soutien de l'État pour sa mise en œuvre et son développement à travers le pays.

La CGPN a également mis en évidence l'importance d'améliorer la génétique animale afin d'accroître la production laitière. Parallèlement, l'organisation a insisté sur la nécessité de développer l'agro-industrie et de renforcer le contenu local dans les chaînes de valeur, contribuant ainsi à la transformation économique et à la réduction des importations.

Défis et Besoins de l'Industrie Nigérienne

L'Organisation des Professionnels de l’Industrie du Niger a exprimé, par la voix de Tawaye Nabazaga, ses attentes vis-à-vis du dialogue entre le gouvernement et le secteur privé. Monsieur Nabazaga a qualifié ce dialogue d'« un espace privilégié de dialogue entre l’Administration et le secteur privé » et a appelé à « en faire un véritable mécanisme de suivi, de décision et de mise en œuvre des engagements pris ». Il a souligné que l'industrie nigérienne doit faire face à une concurrence accrue et à l'ouverture progressive des marchés, notamment avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Dans ce contexte, l'industrie est également confrontée à la hausse des coûts de production et aux mutations technologiques, a précisé Tawaye Nabazaga. « L’industrie nigérienne évolue dans un contexte marqué par une concurrence accrue, l’ouverture progressive des marchés, notamment avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la hausse des coûts de production et les mutations technologiques », a-t-il affirmé.

Les discussions ont par ailleurs abordé des mesures incitatives destinées au développement industriel. Tawaye Nabazaga a expliqué que l'industrie nationale ne cherche pas une protection absolue contre toute concurrence. « Notre industrie nationale ne demande pas à être protégée de toute concurrence. Elle demande simplement à pouvoir concourir dans des conditions équitables », a-t-il déclaré.

Pour favoriser les produits locaux, plusieurs actions ont été évoquées, incluant la régulation des importations de produits similaires. Le recours à la commande publique locale ainsi que le soutien direct aux unités industrielles nigériennes figurent également parmi les mesures envisagées pour renforcer la compétitivité et la croissance du secteur.