La République du Niger a instauré un couvre-feu nocturne sur la vente d'essence, interdisant toute transaction entre 21h00 et 6h00. Cette nouvelle réglementation impose des restrictions strictes sur la distribution de carburant à travers le pays. Les autorités précisent que cette mesure doit permettre aux fournisseurs, dont la Nigerien Petroleum Company (Sonidep), de reconstituer leurs stocks de carburant. Ce dispositif vise à organiser les opérations de réapprovisionnement en carburant sur l'ensemble du territoire national. La mise en place de cet horaire restreint, s'étendant de 21h00 à 6h00, constitue une modification majeure dans la gestion quotidienne de l'approvisionnement énergétique pour les citoyens et les entreprises. Selon les objectifs communiqués, le couvre-feu est destiné à permettre aux fournisseurs, incluant la Nigerien Petroleum Company (Sonidep), de renforcer leurs capacités de stockage et de restockage des réserves nationales.
Nouvelles mesures de restriction
L'interdiction de vendre du carburant dans des jerricans s'applique désormais dans toutes les zones du Niger disposant d'au moins une station-service. Cette mesure vise à limiter le stockage informel et à centraliser les transactions au sein des infrastructures de distribution officielles. En ciblant spécifiquement ces contenants, l'administration cherche à encadrer strictement le circuit de distribution. Cette interdiction est effective dans l'intégralité des zones géographiques du pays où est implantée au moins une station-service, rendant ainsi le remplissage de jerricans impossible dans ces périmètres.
Chauffeurs de taxi et professionnels du transport expriment leurs inquiétudes face à ces nouvelles contraintes. Moussa Idé Boubacar, chauffeur de taxi, explique la réalité économique du secteur : « Normalement, nous générons un revenu d'environ 20 000 par jour, dont 8 000 sont destinés aux paiements et 12 000 au carburant. Avec cette pénurie, nous avons eu quelques problèmes de gestion ». Les chauffeurs de taxi rapportent ainsi un revenu quotidien d'environ 20 000, un montant dont 8 000 sont alloués aux paiements divers et 12 000 sont consacrés exclusivement à l'achat de carburant. Cette structure de coûts, désormais affectée par les nouvelles limitations, complique la rentabilité des trajets quotidiens.
Ganda Sanda, secrétaire général du syndicat Synctaxi, note les difficultés opérationnelles engendrées par l'obligation d'obtenir une autorisation pour s'approvisionner. « Pour obtenir du carburant, vous avez besoin d'une autorisation. La station-service doit être ouverte 24 heures sur 24 », précise-t-il. Cette exigence administrative alourdit le processus logistique pour les professionnels du transport. Face à l'impact de ces restrictions sur l'activité des chauffeurs, le secrétaire général de Synctaxi demande une intervention des autorités locales. « Nous appelons le gouvernorat et le gouverneur à reconsidérer la situation car cela ne nous convient pas », déclare Ganda Sanda. Le syndicat insiste sur la nécessité d'une réévaluation de ces mesures pour permettre une continuité de service pour les transporteurs, dont l'activité dépend étroitement d'un accès fluide et constant aux pompes à essence. Les discussions se poursuivent pour tenter d'harmoniser les besoins des professionnels avec les impératifs de gestion des stocks imposés par le gouvernement.