Mali : Al Arabiya et Al Hadath retirées de l'audiovisuel malien suite à un reportage sur Kidal

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Photo: DR via Journalduniger

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a ordonné le retrait immédiat des chaînes Al Arabiya et Al Hadath de tous les distributeurs audiovisuels autorisés au Mali. Cette décision radicale fait suite à la diffusion d'un reportage axé sur la situation sécuritaire à Kidal, dans le nord du pays. L'article en question, publié le 26 mai 2026, avait été rédigé par Helene Sourou. Le régulateur malien a ainsi sanctionné les deux médias pour leur couverture de cet événement spécifique, estimant qu'elle portait gravement atteinte aux intérêts nationaux et à l'image des forces de défense.

Accusations de partialité et de désinformation

Les autorités maliennes de régulation accusent Al Arabiya d'un traitement journalistique jugé « mensonger, partial et profondément déséquilibré ». La Haute Autorité de la Communication (HAC) a notamment reproché à la chaîne d'avoir relayé la propagande de groupes armés terroristes. Selon la HAC, cette diffusion s'est faite sans recoupement ni inclusion de la version des autorités maliennes officielles, manquant ainsi à un principe fondamental du journalisme. Le régulateur a souligné que de telles pratiques contribuent à la désinformation et peuvent avoir des conséquences néfastes sur la stabilité du pays.

La HAC a également affirmé qu'Al Arabiya a diffusé des informations sans sources crédibles, portant atteinte à l'honneur et à la considération des Forces Armées Maliennes (FAMa). Cette accusation est particulièrement grave dans un contexte où les FAMa sont engagées dans des opérations cruciales contre les groupes armés. Le régulateur a accusé le média d'avoir implicitement valorisé les mouvements terroristes à travers sa ligne éditoriale, une allégation lourde de sens pour la sécurité nationale. Enfin, la HAC a déclaré qu'Al Arabiya a violé le droit international humanitaire et les règles éthiques en exposant publiquement des images de prisonniers de guerre, une pratique strictement encadrée par les conventions internationales. Ces manquements, selon la HAC, justifient pleinement la mesure de retrait.

Contrôle du récit sécuritaire renforcé

La suspension d'Al Arabiya et Al Hadath représente une nouvelle étape dans le contrôle rigoureux du récit sécuritaire au Mali. Les autorités maliennes ont régulièrement affirmé leur intention de maîtriser la communication autour des opérations militaires et de la situation sécuritaire dans le pays. Cette démarche s'inscrit dans un contexte où le gouvernement malien cherche à imposer sa version des événements, notamment face aux défis posés par les groupes armés terroristes. La Haute Autorité de la Communication a clairement indiqué que la diffusion d'informations jugées inexactes ou tendancieuses ne serait pas tolérée.

Le retrait des deux chaînes saoudiennes illustre la détermination de Bamako à sanctionner les médias dont la couverture est jugée non conforme à ses attentes ou susceptible de miner les efforts des Forces Armées Maliennes (FAMa). Cette décision fait écho à des mesures similaires prises précédemment à l'encontre d'autres médias internationaux dans le pays, signalant une politique constante de régulation stricte de l'information. Le gouvernement malien insiste sur la nécessité de protéger la cohésion nationale et la moralité des troupes face à ce qu'il considère comme des tentatives de déstabilisation médiatique.

Réactions et absence de réponse des chaînes concernées

La direction d'Al Arabiya n'a pas encore réagi officiellement à la mesure de retrait décidée par la Haute Autorité de la Communication (HAC) malienne. Cette absence de commentaire intervient après la suspension des chaînes Al Arabiya et Al Hadath de l'audiovisuel malien. La décision du régulateur malien sanctionne la diffusion d'un reportage sur la situation sécuritaire à Kidal, jugé « mensonger, partial et profondément déséquilibré ». En l'absence de réaction de la chaîne, les reproches de la HAC concernant la diffusion d'informations sans sources crédibles et l'atteinte à l'honneur des Forces Armées Maliennes (FAMa) restent sans contrepartie publique de la part d'Al Arabiya. Cette situation laisse en suspens la possibilité d'un dialogue ou d'une contestation de la décision par les médias concernés.