Mali : Le rapport final sur la réforme de la justice remis au président Goïta

Le président de la Transition, le général de corps d'armée Assimi Goïta, a réceptionné le rapport final du Forum national sur la justice le lundi 10 août à Bamako. Cette remise officielle s'est déroulée dans la capitale malienne, marquant une étape importante dans le processus de réforme judiciaire du pays. Ce document fait suite aux travaux menés lors du Forum national sur la justice, qui s'est tenu en octobre 2025. Cette réforme est présentée comme un pilier essentiel de la transformation institutionnelle initiée par les autorités de la transition au Mali, soulignant son rôle fondamental dans la refondation de l'État.

Un processus participatif et exhaustif

Le processus ayant abouti à ce rapport est qualifié de participatif, intégrant les conclusions issues des corps professionnels, des consultations régionales et du forum national tenu à Bamako. Cette approche inclusive a permis de recueillir un large éventail de perspectives et de préoccupations concernant le système judiciaire malien. Les recommandations formulées couvrent plusieurs axes majeurs, incluant l'accès à la justice pour tous les citoyens, la transformation numérique du système judiciaire pour une meilleure efficacité, la reddition des comptes pour renforcer la transparence, ainsi que la gestion des ressources humaines et la formation du personnel pour améliorer les compétences et l'intégrité. Actuellement, le système judiciaire malien est confronté à des difficultés structurelles persistantes. Ces défis concernent notamment les ressources disponibles, souvent insuffisantes, le personnel, qui peut manquer de formation ou être en nombre limité, et les contraintes liées à l'accès effectif à la justice pour les citoyens, en particulier dans les zones éloignées ou pour les populations vulnérables.

Objectifs de la transformation judiciaire

La mise en œuvre des recommandations contenues dans ce rapport vise à renforcer de manière significative la capacité du système judiciaire malien et son aptitude à remplir pleinement sa mission régalienne. Il est attendu que le système judiciaire puisse garantir les droits fondamentaux des citoyens, soutenir activement la refondation institutionnelle du pays et restaurer la confiance du public dans les institutions judiciaires. Le président Assimi Goïta a réaffirmé son soutien indéfectible aux réformes en cours, soulignant leur importance capitale. Le chef de l'État a assigné une fonction centrale à la justice dans la construction du nouvel État malien, la considérant comme un pilier essentiel de la stabilité et du développement. La justice est ainsi perçue comme un levier indispensable pour asseoir l'autorité de l'État et assurer l'équité sociale.

Défis et perspectives de mise en œuvre

Le rapport final compile un total impressionnant de 218 recommandations visant à transformer en profondeur le système judiciaire malien. La remise de ce document exhaustif au chef de l'État a été effectuée par le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Mamoudou Kassogué, qui a joué un rôle clé dans ce processus. Selon les observateurs attentifs de la scène politique et judiciaire malienne, le principal défi réside désormais dans la priorisation de ces 218 recommandations, afin de les inscrire dans un calendrier précis et de leur allouer les moyens nécessaires à leur mise en œuvre effective. Cette tâche complexe exigera une planification rigoureuse et une volonté politique soutenue. La crédibilité de cette réforme judiciaire d'envergure sera évaluée par sa capacité à se traduire concrètement dans le quotidien des justiciables, en améliorant leur accès à la justice et la qualité des services rendus. Mamoudou Kassogué a souligné la nécessité de « renforcer sa montée en puissance » pour garantir l'efficacité de ces changements et assurer que la réforme produise les effets escomptés sur le terrain. L'engagement des autorités et l'implication de tous les acteurs seront déterminants pour la réussite de cette transformation.