Les états généraux pour la mise en œuvre du programme du barrage de Kandadji ont été officiellement lancés ce mercredi 8 juillet 2026 à Niamey, sous la présidence du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. Cette cérémonie d'ouverture officielle des assises a marqué une étape clé dans la relance de ce projet d'envergure. La rencontre a réuni une pléiade de personnalités et d'acteurs clés, soulignant l'importance nationale et internationale accordée à cet ouvrage. Parmi les participants figuraient des membres éminents du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) et du gouvernement, ainsi que des représentants du corps diplomatique accrédité au Niger. Le Gouverneur de la Région de Tillabéri, directement concerné par l'implantation du barrage, était également présent, tout comme le Secrétaire général du Gouvernorat de Niamey. Des membres du Conseil d'Administration de l'Agence du Barrage de Kandadji, l'entité directement en charge de la gestion du projet, ont également pris part à cette cérémonie, aux côtés d'autres invités de marque. Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a souligné que le Président de la République, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, avait convoqué ces assises pour trouver, dans un délai raisonnable, les moyens de parachever cet ouvrage stratégique, dont la réalisation est attendue depuis des décennies par la population nigérienne.
Lors de son allocution, Ali Mahaman Lamine Zeine a décrit le Programme Kandadji comme « l’un des piliers de la politique nationale de développement en matière de gestion durable des ressources en eau, de sécurité alimentaire, de sécurité énergétique, de préservation des écosystèmes du fleuve et d’amélioration des conditions de vie des populations ». Il a insisté sur la vision holistique de ce projet, qui vise à transformer durablement le paysage socio-économique du Niger. Le Premier ministre a, par ailleurs, déclaré que « la construction de cet ouvrage est en train de devenir aux yeux des dirigeants et des populations, le rocher de Sisyphe », une métaphore puissante pour illustrer les difficultés et les retards accumulés au fil des ans. Il a rappelé qu'« il a fallu attendre 2009 pour que la mise en œuvre de Kandadji commence à se concrétiser », soulignant la longue gestation du projet avant d'entrer dans sa phase d'exécution. Cette persévérance, malgré les obstacles, témoigne de la volonté inébranlable des autorités et des citoyens de voir ce rêve se réaliser.
Un projet historique pour le Niger
L'histoire du barrage de Kandadji est jalonnée d'étapes significatives, témoignant de son importance stratégique pour le développement du Niger. L'idée même d'un tel aménagement hydraulique remonte loin dans le temps. Le site du barrage de Kandadji avait été identifié pour la première fois par l'administration coloniale dans les années 1930. Cette identification précoce note l'ancienneté de l'intérêt pour l'aménagement hydraulique de cette zone, bien avant la concrétisation des premières étapes du projet et l'indépendance du pays.
Plusieurs décennies plus tard, face à des défis climatiques majeurs, une institution chargée de la mise en œuvre du barrage de Kandadji a été créée en 1975. Cette création faisait suite à une sécheresse dévastatrice survenue dans les années 1970, qui avait mis en lumière la vulnérabilité du pays face aux aléas climatiques et la nécessité de mieux gérer ses ressources en eau. La concrétisation du projet de Kandadji, c'est-à-dire le début effectif des travaux de construction et des actions de mise en œuvre, a finalement débuté en 2009. Ce jalon a marqué le passage de l'étude et de la planification à l'action concrète sur le terrain.
Les discussions en cours lors de ces états généraux porteront sur des sujets cruciaux pour l'avancement du projet. Parmi les thèmes abordés figurent la construction du barrage de Kandadji elle-même, avec un examen des défis techniques et logistiques restants. Un point essentiel des débats sera la mise en œuvre du plan de réinstallation des populations, un aspect social et humanitaire délicat qui nécessite une approche juste et équitable pour les communautés affectées. Le mécanisme de financement du programme sera également au cœur des discussions, afin d'assurer la mobilisation des ressources nécessaires à l'achèvement de l'ouvrage. Enfin, le cadre institutionnel du programme sera réexaminé pour garantir une gouvernance efficace et transparente du projet.
Les enjeux du barrage de Kandadji
Le programme Kandadji constitue un pilier fondamental de la politique nationale de développement pour la gestion durable des ressources en eau, la sécurité alimentaire, la sécurité énergétique, la préservation des écosystèmes du fleuve et l'amélioration des conditions de vie des populations, selon les autorités. Cette vision globale positionne le projet comme un moteur essentiel de progrès pour le Niger. Ce projet est présenté comme essentiel pour l'avenir socio-économique du Niger, capable de générer des retombées positives dans de nombreux secteurs.
L'un des objectifs principaux du barrage de Kandadji est de produire plus de 130 MW d'énergie propre et locale. Cette capacité de production électrique est clé pour le développement industriel et l'amélioration de l'accès à l'électricité pour les ménages. Cette production énergétique vise à répondre aux besoins croissants du pays et à réduire sa dépendance vis-à-vis des sources d'énergie externes, souvent coûteuses et sujettes aux fluctuations des marchés internationaux. Elle favorise un développement plus respectueux de l'environnement grâce à une énergie renouvelable, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique et à la transition énergétique du pays. La disponibilité d'une énergie fiable et abordable est un facteur clé pour l'attraction des investissements et la création d'emplois.
Au-delà de l'énergie, le projet prévoit d'irriguer une superficie impressionnante de 45 000 hectares. Cette irrigation doit permettre d'augmenter significativement la production agricole, un enjeu vital pour la sécurité alimentaire du Niger. L'expansion des terres cultivables et l'intensification des cultures grâce à une gestion maîtrisée de l'eau sont des réponses directes aux défis posés par la désertification et la variabilité climatique. L'amélioration de la productivité agricole contribuera non seulement à nourrir une population en croissance, mais aussi à générer des revenus pour les agriculteurs et à stimuler l'économie rurale. Le développement de l'agriculture irriguée permettra également de diversifier les cultures et de renforcer la résilience des systèmes alimentaires locaux face aux chocs externes.
Appels à la vérité et à l'action
Les travaux des états généraux sont prévus pour une durée de trois jours. Durant cette période intense, les participants sont invités à mener des réflexions approfondies et à formuler des recommandations concrètes. Ces assises visent à définir les orientations nécessaires pour mener à bien le projet du barrage, en tenant compte des leçons du passé et des exigences du présent. L'objectif est de trouver des solutions durables aux défis techniques, financiers, sociaux et environnementaux qui ont jalonné le parcours du projet. La volonté affichée par les autorités est de faire preuve de transparence et de pragmatisme pour surmonter les obstacles et accélérer la réalisation de cet ouvrage structurant. Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a exhorté les participants à faire preuve de « vérité » et à prendre des « décisions courageuses » afin de garantir l'achèvement du barrage dans les meilleurs délais. Cette approche directe et sans concession est perçue comme essentielle pour insuffler un nouvel élan au projet et rassurer les populations sur sa concrétisation prochaine. La tenue de ces états généraux témoigne de l'engagement renouvelé du gouvernement nigérien à faire du barrage de Kandadji une réalité tangible, au bénéfice de l'ensemble de la nation.