Le président Abdourahamane Tiani a signé un décret le lundi 8 juin 2026, concernant une réorganisation significative des structures gouvernementales au Niger. Ce décret porte sur la suppression de plusieurs services rattachés ou placés sous la tutelle de la Présidence de la République, de la Primature et du Secrétariat Général du Gouvernement. Parmi les entités concernées par cette mesure figure l'Agence de Modernisation des Villes du Niger (AMV-Niger). L'Inspection Générale de la Gouvernance Administrative (IGGA) est également dissoute dans le cadre de cette restructuration. L'Autorité de Régulation du Secteur de l’Eau (ARSeau) fait partie des services supprimés par le décret présidentiel. Enfin, la Haute Autorité de Protection des Données à Caractère Personnel (HAPDP) est aussi concernée par cette décision de réorganisation.
Détails des suppressions d'entités
Le Centre National d’Études Stratégiques et de Sécurité (CNESS) figure parmi les services supprimés par le décret présidentiel. Cette entité était chargée de l'analyse et de la prospective dans les domaines stratégiques et sécuritaires pour le Niger. Sa dissolution s'inscrit dans un mouvement de rationalisation des structures administratives.
Le Fonds d’Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (FISAN) est également concerné par cette réorganisation. Créé pour mobiliser des ressources et financer des initiatives visant à garantir la sécurité alimentaire au Niger, le FISAN voit ses activités interrompues par cette décision. Sa suppression marque un changement dans l'approche gouvernementale de ces enjeux.
La Haute Autorité du Waqf fait partie des entités dissoutes. Cet organisme avait pour mission de réguler et de gérer les biens Waqf (biens de mainmorte à caractère religieux ou caritatif) dans le pays. Sa suppression impacte la gestion de ces actifs et pourrait entraîner une nouvelle structure ou un transfert de ses attributions.
Le Haut-Commissariat à la Modernisation de l’État (HCME) est aussi supprimé par le même décret. Le HCME était dédié à l'amélioration de l'efficacité et de la transparence de l'administration publique nigérienne. Sa dissolution suggère une refonte des stratégies de modernisation de l'État, potentiellement intégrées au sein d'autres départements.
Enfin, l’Autorité de Régulation du Secteur des Transports (ARST) ne fait plus partie des services gouvernementaux actifs. L'ARST avait pour fonction de réguler les activités du secteur des transports au Niger, veillant à leur bon fonctionnement et à la conformité des opérateurs. Sa disparition soulève des questions quant à la future régulation de ce secteur essentiel.
Transferts de missions clés
Les missions du Centre National d’Études Stratégiques et de Sécurité (CNESS) sont dorénavant transférées au ministère de la Défense Nationale, selon les récentes directives gouvernementales. Cette décision vise à réaffecter les responsabilités d'analyse et de prospective stratégique directement sous l'égide de la structure militaire du pays.
Quant aux attributions du Fonds d’Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (FISAN), elles sont désormais placées sous la responsabilité du ministère de l'Agriculture et de l'Élevage. Ce transfert intègre les efforts de financement et de mobilisation de ressources pour la sécurité alimentaire au sein de la tutelle ministérielle directement concernée par ces enjeux.
Les missions de la Haute Autorité du Waqf sont, pour leur part, transférées au ministère de l'Économie et des Finances. Cette réaffectation confie la gestion et la régulation des biens Waqf à l'entité financière de l'État, marquant un changement dans l'approche de ces actifs.
Enfin, les missions de plusieurs autres entités, à savoir l'Inspection Générale de la Gouvernance Administrative (IGGA), le Haut-Commissariat à la Modernisation de l’État (HCME), l'Autorité de Régulation du Secteur de l’Eau (ARSeau), l'Autorité de Régulation du Secteur des Transports (ARST), et la Haute Autorité de Protection des Données à Caractère Personnel (HAPDP), sont toutes transférées au ministère de l'Intérieur, de la Sécurité Publique et de l'Administration du Territoire. Ce regroupement centralise une gamme étendue de fonctions de régulation et de gouvernance sous une seule autorité ministérielle.
Contexte et implications potentielles
Cette réorganisation gouvernementale, initiée par le président Abdourahamane Tiani, s'inscrit dans un contexte de rationalisation des structures administratives au Niger. La suppression d'entités telles que l'Agence de Modernisation des Villes du Niger (AMV-Niger) et l'Inspection Générale de la Gouvernance Administrative (IGGA) suggère une volonté de centralisation des compétences. Le transfert des missions du Centre National d’Études Stratégiques et de Sécurité (CNESS) au ministère de la Défense Nationale et celles du Fonds d’Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (FISAN) au ministère de l'Agriculture et de l'Élevage indique une intégration fonctionnelle. La Haute Autorité du Waqf et le Haut-Commissariat à la Modernisation de l’État (HCME) voient également leurs rôles réattribués, principalement au ministère de l'Intérieur, de la Sécurité Publique et de l'Administration du Territoire.