Niger : Une ambition accrue pour l'allaitement maternel exclusif

Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique
Photo: Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique via Journalduniger

Le Niger enregistre une augmentation significative des taux d'allaitement maternel exclusif, une avancée clé pour la santé et le développement de ses jeunes citoyens. La prévalence de l'allaitement maternel exclusif est passée de 21,8% en 2022 à 34,1% en 2025, témoignant d'efforts concertés pour promouvoir cette pratique essentielle. La protection de la petite enfance est en train de devenir un pilier du développement humain, essentiel pour la résilience démographique et économique du pays. Cette approche vise à garantir que les enfants bénéficient des meilleures conditions de départ dans la vie, ce qui aura un impact positif durable sur leur santé, leur éducation et, à terme, sur la productivité nationale.

Progrès et défis actuels

Malgré cette progression notable, le taux actuel d'allaitement maternel exclusif au Niger reste cependant inférieur au seuil de 50 % fixé par la World Health Assembly. Cette cible globale, établie pour améliorer la nutrition infantile à l'échelle mondiale, met en lumière le chemin qu'il reste à parcourir pour le pays afin de se conformer aux recommandations internationales. Les données indiquent un déclin de l'allaitement maternel prolongé, c'est-à-dire jusqu'à deux ans, celui-ci ayant chuté à 36,7 %. Ce recul de l'allaitement prolongé est préoccupant, car il prive les enfants de bénéfices nutritionnels et immunitaires cruciaux au-delà des six premiers mois. Ces chiffres soulignent les défis persistants auxquels le Niger est confronté pour atteindre pleinement ses objectifs en matière de pratiques d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant et pour assurer une couverture optimale.

Barrières à l'allaitement exclusif

L'administration précoce d'eau ou de liquides alternatifs aux nourrissons constitue un obstacle majeur à l'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois. Cette pratique, souvent ancrée dans des croyances traditionnelles ou résultant d'un manque d'information claire, contredit les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L'OMS stipule que le lait maternel est suffisant pour hydrater et nourrir le bébé durant cette période, sans nécessiter d'apports supplémentaires. La dilution du lait maternel par d'autres liquides peut réduire l'apport calorique et nutritionnel essentiel au développement de l'enfant, augmentant ainsi les risques de maladies et de malnutrition. Cette habitude compromet directement les efforts visant à maximiser les bienfaits de l'allaitement exclusif au Niger et nécessite une sensibilisation accrue des communautés.

Stratégies gouvernementales et soutien

Face à ces défis, l'État nigérien a mis en place des stratégies robustes pour promouvoir l'allaitement maternel. Le gouvernement promeut le lait maternel comme un vaccin primaire, universel et gratuit pour les nourrissons, soulignant ses propriétés protectrices contre de nombreuses maladies. En parallèle, le gouvernement exige la stricte application des lois du travail, qui incluent un congé de maternité de 14 semaines rémunéré à 100 % et une pause d'allaitement d'une heure par jour. Ces mesures visent à soutenir les mères qui travaillent et à leur permettre de concilier vie professionnelle et allaitement. L'implication des leaders locaux et le déploiement d'« écoles des maris » sont également des initiatives clés, visant à faire de la nutrition infantile une responsabilité familiale et collective partagée, en engageant activement les pères et la communauté dans le processus. Cette mobilisation en faveur de l'allaitement s'inscrit dans les directives du Programme pour la Refondation de la République (2025-2029), qui place la santé infantile au cœur de ses priorités.

Vision pour l'avenir

Le gouvernement nigérien a établi un objectif ambitieux d'atteindre un taux d'allaitement maternel exclusif de 60 % d'ici 2030. Cette vision s'inscrit dans la continuité des efforts actuels visant à améliorer la nutrition infantile et la santé publique dans le pays. L'objectif témoigne d'une volonté politique forte de renforcer les pratiques d'alimentation du nourrisson, considérées comme essentielles pour le développement et la résilience de la population. Pour y parvenir, les stratégies nationales devront s'aligner sur cette cible, en intensifiant les campagnes de sensibilisation, en renforçant le soutien aux mères et en luttant contre les barrières culturelles et socio-économiques. Une telle progression significative dans les années à venir est jugée indispensable pour garantir un avenir plus sain et plus prospère pour les enfants du Niger.