Mercredi 8 juillet, le Lieutenant-Colonel Almoustapha Ousmane, préfet du département d'Arlit, s'est rendu dans le district sanitaire de la ville pour évaluer la situation critique des infrastructures médicales locales. Cette visite officielle intervient alors que les services de santé locaux sont confrontés à des défis majeurs et persistants, principalement liés à des interruptions d'approvisionnement électrique. Le district sanitaire est actuellement hébergé dans l'ancien hôpital de la COMINAK, un bâtiment qui est désormais propriété de l'État, soulignant une transition dans la gestion des infrastructures de santé de la région.
Impact des coupures sur les soins
Le district sanitaire d'Arlit dépend quasi totalement de son groupe électrogène pour assurer la continuité des soins durant les coupures de courant. Cette dépendance rend les opérations particulièrement vulnérables aux aléas de l'approvisionnement en carburant et aux défaillances techniques. Ces interruptions répétées et imprévisibles ralentissent considérablement les activités médicales, compliquent la prise en charge des patients, notamment ceux nécessitant des soins urgents ou continus, et augmentent la pression sur les équipements d'urgence, dont la durée de vie et la performance peuvent être affectées par ces arrêts et redémarrages fréquents. La situation est d'autant plus préoccupante que le district sanitaire dispose actuellement de réserves de carburant jugées insuffisantes pour alimenter le groupe électrogène sur le long terme, créant une incertitude constante quant à la capacité de maintenir les services essentiels. Face à ces difficultés et à l'impossibilité d'offrir des conditions de soins optimales, les équipes médicales se voient parfois contraintes de prendre des décisions difficiles, notamment de transférer des patients vers l'hôpital de Téloua, situé sur l'ancien site de la SOMAÏR, lorsque les coupures de courant empêchent d'offrir des soins satisfaisants sur place, ajoutant un fardeau logistique et financier aux patients et à leurs familles.
Origine des délestages électriques
La région subit les conséquences d'une défaillance technique majeure survenue dans les installations de la SONICHAR à Tchirozérine. Cet incident, dont la résolution semble prendre du temps, affecte durablement l'approvisionnement en électricité de la ville d'Arlit et de ses environs, selon des sources locales bien informées de la situation. En conséquence, les programmes de délestage, c'est-à-dire les coupures de courant volontaires et planifiées pour gérer la demande électrique, mis en œuvre par la NIGELEC, la compagnie nationale d'électricité, impactent l'ensemble des infrastructures de la ville. Le district sanitaire d'Arlit, contrairement à d'autres établissements prioritaires dans d'autres contextes, n'aurait pas de traitement prioritaire dans ces programmes de délestage de la NIGELEC. Il est soumis aux mêmes interruptions de courant que les autres consommateurs, qu'il s'agisse de ménages ou d'entreprises. Cette situation d'égalité de traitement, dans un contexte de pénurie, complique considérablement la gestion des services médicaux et la continuité des soins vitaux dans la région, mettant en péril la santé publique.
Interventions et solutions envisagées
Conscient de l'urgence de la situation, le préfet d'Arlit, le Lieutenant-Colonel Almoustapha Ousmane, a pris l'initiative de s'entretenir directement avec le chef de secteur de la NIGELEC à Arlit. L'objectif de cette rencontre était de solliciter un traitement prioritaire pour le district sanitaire de la ville, reconnaissant ainsi son rôle essentiel dans la communauté. Cette démarche vise à atténuer l'impact dévastateur des coupures de courant sur les services médicaux essentiels et à garantir un accès minimal à l'électricité pour les équipements médicaux critiques.
Parallèlement à cette intervention préfectorale, les responsables de la santé locale ont formulé plusieurs requêtes claires et précises pour faire face à la situation de crise. Ils demandent en premier lieu un approvisionnement régulier et suffisant en gazole pour assurer le fonctionnement continu et sans interruption des groupes électrogènes, qui sont actuellement la seule bouée de sauvetage en cas de coupure. Deuxièmement, ils sollicitent un statut prioritaire lors des délestages électriques programmés par la NIGELEC, afin que le district sanitaire soit épargné ou subisse des coupures moins fréquentes et de plus courte durée que le reste de la ville. Enfin, une autre proposition avancée, visant une solution plus durable et écologique, est l'installation d'un système d'énergie solaire. Ce système permettrait de diversifier les sources d'approvisionnement électrique du district sanitaire, réduisant ainsi sa dépendance au réseau national, souvent instable, et aux carburants fossiles, coûteux et polluants. Ces mesures sont jugées absolument nécessaires pour garantir la continuité des soins et la sécurité des patients au sein de l'établissement, assurant ainsi la pérennité du service public de santé.
Appel à l'aide et soutien
Face à l'urgence, la solidarité locale a commencé à se manifester. Le Comité de gestion de Guidan Daka a apporté un soutien concret et immédiat en fournissant 1 132 litres de carburant diesel, essentiels au maintien du fonctionnement du groupe électrogène. Ce geste a permis d'alléger temporairement la pression sur les réserves du district sanitaire. Le Lieutenant-Colonel Almoustapha Ousmane, préfet d'Arlit, a également exprimé son intention de solliciter l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cette démarche proactive vise à obtenir un soutien technique et financier clé de l'OIM pour la mise en place d'un système d'énergie solaire au sein du district sanitaire, une solution qui permettrait de pérenniser l'approvisionnement électrique et de réduire la vulnérabilité de l'établissement aux pannes de courant récurrentes.