Un mois de délestages : la crise énergétique persiste au Niger

Au Niger, la Zone Fleuve subit une pénurie d'électricité persistante depuis un mois en raison de l'indisponibilité d'une ligne d'interconnexion essentielle. Cette situation, qui affecte notamment la capitale Niamey, ainsi que les régions de Dosso et Tillabéri, plonge une partie importante du pays dans une crise énergétique prolongée. L'indisponibilité de cette ligne d'interconnexion, qui alimente la Zone Fleuve, dure en effet depuis un mois, entraînant des perturbations continues. Les délestages fréquents continuent de provoquer des coupures d'électricité dans les villes de Niamey, Dosso et Tillabéri, perturbant la vie quotidienne et les activités économiques, alors que la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC) fait face à des défis majeurs pour rétablir une alimentation stable.

Chronologie des incidents

La crise énergétique au Niger est marquée par plusieurs incidents sur les infrastructures de transport d'électricité, nécessitant des interventions complexes et prolongées. Le 26 août, trois pylônes de la ligne d'interconnexion de 132 kilovolts (kV) se sont effondrés, contribuant aux perturbations initiales. Cet incident a immédiatement impacté la stabilité du réseau électrique régional. Ces trois pylônes ont été remplacés, et l'infrastructure a été rétablie le 16 septembre, offrant un bref répit dans la situation. Cependant, un nouvel incident est survenu peu après. Un pylône sur la ligne de 330 kV s'est effondré le 7 septembre, exacerbant considérablement les difficultés d'approvisionnement en électricité dans la Zone Fleuve et prolongeant la période de délestages.

Impact sur la Zone Fleuve

Cette situation continue de provoquer des délestages dans les villes de Niamey, Dosso et Tillabéri, affectant des milliers de foyers et d'entreprises. La Zone Fleuve concentre environ 70% de l'énergie appelée au Niger, soulignant l'importance stratégique de cette région pour l'approvisionnement électrique national. Sa capacité d'approvisionnement est évaluée à 324,4 MW, selon les données disponibles. Cette capacité se compose de 224,4 MW provenant de la production locale et de 100 MW issus des importations, principalement du Nigeria. Les perturbations actuelles affectent donc de manière significative une part prépondérante de la demande énergétique du pays, créant un déficit difficile à combler avec les ressources internes. La dépendance de la Zone Fleuve à cette ligne d'interconnexion la rend particulièrement vulnérable aux incidents techniques de cette ampleur.

La situation au Nigeria

Le rétablissement complet de l'approvisionnement normal en électricité est conditionné par la réparation de la ligne de transport de 330 kV, qui relie Kainji à Birnin Kebbi, au Nigeria. La Transmission Company of Nigeria a confirmé l'incident, déclarant un cas de force majeure sur cet axe stratégique en raison de l'effondrement du pylône. Cette déclaration note la gravité de la situation et les défis rencontrés pour la résolution. Des pylônes d'urgence ont été livrés sur le site de l'incident afin d'accélérer les travaux de reconstruction. Les travaux de réparation seraient actuellement dans leurs phases finales, selon les informations disponibles, suscitant l'espoir d'un retour à la normale prochain.

Perspectives et défis

Le délai initial de deux semaines pour les réparations a été prolongé en raison du nouvel incident survenu sur la ligne de 330 kV, de l'insécurité qui règne dans la zone affectée, et des difficultés logistiques liées au transport des équipements lourds et spécialisés nécessaires à la remise en état des infrastructures. L'approvisionnement en électricité repose actuellement sur les centrales thermiques et solaires locales. Cependant, les capacités de ces installations sont jugées insuffisantes pour satisfaire la demande énergétique de la Zone Fleuve. Cette dépendance aux sources locales ne permet pas de compenser le déficit créé par l'indisponibilité de la ligne d'interconnexion, laissant la région dans une situation précaire en attendant la finalisation des réparations au Nigeria. La NIGELEC continue de déployer des efforts pour minimiser l'impact des délestages et assurer un minimum de service, mais la solution durable réside dans le rétablissement de la ligne d'interconnexion.