Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a convoqué ce lundi 22 juin l'ambassadeur de l'Union européenne, Philippe Bronchain, à Ouagadougou. Cette convocation intervient après l'adoption d'une résolution de l'UE que le Burkina Faso estime néocolonialiste. Karamoko Jean-Marie Traoré a expliqué : « Nous avons tenu à convoquer l’ambassadeur de l’Union européenne pour lui faire part de notre désapprobation, de notre déception et surtout du dégoût que cette résolution a suscité en nous ». Le ministre a fermement réaffirmé la souveraineté d'Ouagadougou en matière de libertés publiques et de stratégie militaire, accusant la résolution d'avoir « souillé la sacralité du Parlement européen en tenant un tel discours aux relents néocolonialistes ».
Accusations de néocolonialisme
Le ministre burkinabè a qualifié la résolution européenne de « néocolonialiste », marquant une nette désapprobation de la part d'Ouagadougou. Cette caractérisation note la perception d'une ingérence dans les affaires intérieures du Burkina Faso. Le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré, a affirmé que la résolution était « cousu d’informations totalement erronées ». Ces déclarations indiquent un rejet du fondement factuel sur lequel l'Union européenne aurait bâti son texte, soulevant des questions sur la source des informations utilisées par les législateurs européens. L'ambassadeur de l'Union européenne, Philippe Bronchain, a été convoqué à Ouagadougou suite à ces allégations.
Contexte géopolitique et souveraineté
Le ministre Karamoko Jean-Marie Traoré a conclu que la situation actuelle relevait strictement de la « politique intérieure » du Burkina Faso. Il a affirmé que le pays agissait en pleine souveraineté dans ce domaine et qu'il n'était pas membre de l'Union européenne. Cette position intervient alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont unis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Le ministre a par ailleurs désigné l'intervention occidentale de 2011 en Libye comme l'une des sources du chaos actuel dans la région du Sahel.
Réaction diplomatique et priorités
La convocation de l'ambassadeur de l'Union européenne répondait à une résolution concernant la situation de la liberté d'expression et la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. Le ministre Karamoko Jean-Marie Traoré a expliqué avoir convoqué l’ambassadeur Philippe Bronchain pour lui faire part de la "désapprobation", la "déception" et le "dégoût" suscités par cette résolution. Depuis l'arrivée du Capitaine Ibrahim Traoré à la direction du pays, les priorités du Burkina Faso se concentrent sur la lutte contre le terrorisme, la défense de la souveraineté et le respect mutuel entre nations. Le gouvernement burkinabè met l'accent sur ces principes dans ses relations internationales.
Critique du Parlement européen
Le ministre Karamoko Jean-Marie Traoré a accusé le Parlement européen d'avoir « totalement violé le droit d’ingérence » et de faire preuve de « mépris » envers les efforts conjoints du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Le chef de la diplomatie burkinabè a également mis en cause un député européen non nommé, identifié comme le Général Christophe Gomart, l'accusant d'avoir « souillé la sacralité du Parlement européen en tenant un tel discours aux relents néocolonialistes ». Ces déclarations soulignent une vive réaction d'Ouagadougou face à la résolution européenne.