L'opération de libération de l'emprise de l'aéroport international de Niamey s'appuie sur des fondements légaux solides et répond à des impératifs de sécurité publique, ont indiqué les autorités. Cette initiative place l'accompagnement social des personnes affectées par la relocalisation au centre de ses préoccupations, en priorisant une approche sociale basée sur leur relogement. Les détails concernant cette opération ont été abordés lors d'une interview tenue le lundi 22 juin 2026.
Justifications légales et impératifs
L'opération s'inscrit dans le cadre d'une déclaration d'utilité publique, permettant à l'État de reprendre possession de son domaine tout en assurant des mesures d'accompagnement pour les populations concernées. Cette démarche est conforme aux dispositions légales qui régissent l'affectation des terrains publics au Niger. La déclaration d'utilité publique est un mécanisme juridique essentiel qui confère à l'État le droit de mener à bien des projets d'intérêt général, même si cela implique la réaffectation de terres privées ou occupées. Dans ce contexte, elle permet de restaurer le domaine de l'État tout en garantissant un cadre légal clair pour l'ensemble du processus.
Le nouveau régime foncier en vigueur renforce la protection des réserves de l'État grâce à des dispositions juridiques plus contraignantes. Ces mesures visent à clarifier le statut des terres et à prévenir les litiges fonciers qui pourraient entraver les projets d'intérêt public. Ce cadre législatif actualisé est conçu pour offrir une meilleure sécurité juridique et une gestion plus efficace des biens fonciers publics.
L'objectif principal de cette opération est de prévenir les occupations irrégulières et de préserver durablement le domaine public de l'État. Les autorités entendent ainsi garantir l'intégrité des infrastructures essentielles et assurer leur développement futur sans entraves. La pérennisation de l'emprise de l'aéroport est jugée clé pour la sécurité aérienne et le développement économique de la capitale.
Bilan du recensement des zones
Un recensement effectué dans la zone concernée a révélé la présence de 1 602 parcelles vides. Ce chiffre met en lumière l'étendue des terrains non construits au sein de l'emprise. Le même recensement a également identifié 134 maisons achevées au sein de cette zone. Ces habitations représentent une partie significative des structures qui seront affectées par l'opération. 108 parcelles clôturées ont été répertoriées lors de cette opération, indiquant des tentatives de délimitation ou d'appropriation de terrains sans construction achevée. Enfin, les données du recensement indiquent la présence de 115 constructions inachevées dans la zone délimitée, soulignant l'existence de projets de construction interrompus ou en cours.
Mesures d'accompagnement social
Les personnes affectées par l'opération seront relogées dans des villas construites par l'État, garantissant ainsi un nouveau cadre de vie pour les ménages concernés. Cette mesure s'inscrit dans la stratégie d'accompagnement social mise en place pour minimiser les désagréments liés à la relocalisation. L'objectif est d'offrir des solutions de logement dignes et durables aux populations déplacées, en assurant que les individus impactés bénéficieront d'un toit neuf et sécurisé.
Les détenteurs de parcelles situées dans la zone de l'emprise bénéficieront d'une compensation foncière équivalente, selon les autorités. Cette compensation vise à assurer que les propriétaires fonciers ne soient pas lésés par l'opération et puissent reconstituer leurs biens ailleurs. Le processus de compensation sera mené conformément aux régulations en vigueur, garantissant une équité et une transparence maximales pour les ayants droit.
Mise en œuvre et coordination
Le ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat, M. Abdoul Kadri Amadou Daouda, a formulé ces déclarations lors d'une interview de bilan de fin d'année devant la presse. Il a précisé que « cette opération s’inscrit dans le cadre d’une déclaration d’utilité publique permettant à l’État de restaurer son domaine tout en garantissant des mesures d’accompagnement aux populations concernées ». Un comité interministériel, coordonné par le ministère de l'Intérieur, a été mis en place pour diriger ce processus. Ce comité assure la coordination entre les différentes entités gouvernementales impliquées, garantissant une mise en œuvre harmonieuse et efficace de l'opération. M. Abdoul Kadri Amadou Daouda a ajouté que « les personnes impactées seront relogées dans des villas construites par l’État, tandis que les détenteurs de parcelles bénéficieront de compensations foncières équivalentes », réaffirmant l'engagement de l'État envers un accompagnement social solide.