Classement des communes nigériennes : Amoumoune en tête, Niamey en difficulté

Le classement des communes nigériennes, établi par la Direction Générale de l'Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Déconcentration (DGATDD), place Guidan Amoumoune en tête. Cette évaluation, qui analyse les performances des collectivités locales à travers le pays, met également en lumière les communes de Roumbou, située dans la région de Maradi, et Bambeye, dans la région de Tahoua, qui occupent respectivement les deuxième et troisième rangs du classement. Ces trois communes dominent ainsi le podium de cette évaluation clé pour la gouvernance locale. Bambèye a obtenu un score de 77,5, consolidant sa position parmi les meilleures. À l'autre extrémité du spectre, la commune de Dessa se classe 100ème, soulignant des disparités significatives dans la gestion et le développement des communes à travers le Niger. La Ville Niamey, la capitale, se trouve également en bas de classement, ce qui soulève des interrogations sur les défis urbains.

Critères et méthodologie du classement

Les critères du classement intégraient plusieurs axes fondamentaux pour évaluer la performance des collectivités. La gouvernance administrative a été un indicateur clé, mesurée notamment par la tenue de quatre sessions obligatoires, gage de transparence et de participation citoyenne. La bonne gestion et l'allocation efficiente des ressources ont également été des piliers de cette évaluation, attestées par l'analyse du taux de recouvrement des recettes et du taux d'investissement des fonds disponibles. L'évaluation a ainsi mis en lumière la performance des collectivités locales sur ces différents indicateurs, offrant une vue d'ensemble de leur efficacité. Ce sont majoritairement les communes rurales qui se sont distinguées dans ce classement. Elles ont souvent démontré une capacité supérieure à répondre aux exigences méthodologiques et à optimiser l'utilisation de leurs moyens, comparativement à leurs homologues urbaines, qui semblent rencontrer davantage de difficultés sur ces mêmes critères.

Les performances des communes

Guidan Amoumoune s'est classée première avec un score impressionnant de 93,5, démontrant une gestion locale exemplaire et une conformité remarquable aux critères établis par la DGATDD. La commune de Roumbou a obtenu la deuxième position avec un score de 80, confirmant l'excellence de sa gestion dans la région de Maradi. En revanche, la Ville Niamey s'est classée 99ème sur l'ensemble des communes évaluées, ce qui la positionne au 99ème rang sur 100 parmi les principales villes du pays. Ce résultat pour la capitale nigérienne note des défis importants en matière de performance administrative et de gestion des ressources, nécessitant une analyse approfondie et des mesures correctives. La commune de Dessa, quant à elle, ferme la marche en se classant à la 100ème position, illustrant les difficultés rencontrées par certaines localités.

Contexte et portée du classement

Le classement a été rendu public à l'occasion de la 12ème journée des communes nigériennes, un événement annuel majeur pour la décentralisation qui a débuté le jeudi 9 juillet à Maradi. Cette évaluation concerne spécifiquement l'exercice budgétaire 2025, offrant ainsi une perspective prospective sur la performance attendue des collectivités. Le Niger compte un total de 266 communes, et que ce classement ne couvre qu'une partie d'entre elles, celles ayant respecté les obligations statutaires. Cette initiative de la Direction Générale de l'Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Déconcentration vise à encourager la bonne gouvernance et la performance au sein des collectivités locales.

Implications pour la gouvernance locale

Le classement des communes nigériennes met en évidence l'importance clé du respect des obligations statutaires pour la gouvernance locale efficace. Les communes n'ayant pas organisé les sessions obligatoires, un critère fondamental de la gouvernance administrative, n'ont pas été incluses dans cette évaluation. Cette exigence note un critère fondamental de la décentralisation, où la tenue régulière des sessions est un indicateur de la bonne administration, de la transparence des processus décisionnels et de la participation citoyenne. L'exclusion de ces collectivités du classement suggère que le respect des procédures établies constitue un prérequis important pour toute évaluation de performance et pour l'accès aux mécanismes de soutien et de reconnaissance. Ce classement sert ainsi de baromètre pour la performance locale et de levier pour l'amélioration continue de la gestion communale au Niger.