La région de Diffa, au Niger, a accueilli le 14 octobre 2026 une série d'activités marquant la Journée internationale de la fille. L'initiative « Les Filles aux commandes », pilotée par l'organisation Plan International Niger, a permis à de jeunes filles de prendre symboliquement les rênes pour défendre leurs droits.
La cheffe du sous-bureau de Plan International à Diffa déclare : « la Journée internationale de la fille constitue une occasion de reconnaître les droits, les capacités et le potentiel des adolescentes, considérées comme des actrices importantes de la transformation sociale et de la consolidation de la paix ». De son côté, la responsable de la Cellule nigérienne des jeunes filles et femmes leaders (CNJFL) affirme que « chaque fille a droit à l’éducation, à la protection et à un avenir digne ».
Une initiative pour l'autonomisation
Le Réseau de plaidoyer Shimodou a recensé cinq cas de mariage d’enfants au sein d’établissements scolaires entre janvier 2026 et le 14 octobre 2026. La représentante de la Direction régionale de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale explique que « la pauvreté, les déplacements de populations et certaines pesanteurs socioculturelles accentuent la vulnérabilité des adolescentes et peuvent compromettre leur accès à l’éducation et leur épanouissement ». Le projet PAPEM accompagne 1 200 jeunes filles et adolescentes. Ce programme mise sur un encadrement spécifique assuré par les groupes Mata Masu Dubara (MMD) pour favoriser leur autonomisation et renforcer leur protection face aux risques identifiés dans la région de Diffa.
Mobilisation contre les vulnérabilités
Quarante et un comités de protection villageois assurent actuellement leurs missions dans le cadre du projet PAPEM. Ces structures locales déploient des actions de surveillance et d'accompagnement au sein des communautés pour renforcer la sécurité des mineures.
Parallèlement, les initiatives soutenues par l'UNICEF permettent à plus de 100 adolescentes déscolarisées de reprendre un parcours scolaire. Ces jeunes filles ont réintégré leurs établissements ou sont engagées dans un processus de retour à l'école. Ce programme d'appui cible les zones où l'accès à l'éducation reste entravé par les conditions de vie locales. Ces efforts conjoints visent à stabiliser la scolarisation des jeunes filles dans la région de Diffa en s'appuyant sur des réseaux de proximité actifs.
Des voix pour le changement
Le thème retenu pour la célébration de l'édition 2026 est « Mettre fin au mariage des enfants et investir dans les droits des filles ! ». Cette thématique oriente l'ensemble des discussions et des actions menées par les acteurs locaux et les partenaires internationaux présents sur le territoire.
Une jeune fille, occupant symboliquement le poste de secrétaire général de la région de Diffa pour cette journée, a rappelé les enjeux de cette lutte. Elle a déclaré : « le mariage des enfants constitue une menace majeure pour l’avenir des adolescentes dans une région confrontée à des défis sécuritaires, économiques et sociaux. Cette pratique expose les filles à diverses formes de vulnérabilité, aux violences, aux risques sanitaires liés aux grossesses précoces et à l’exclusion de la vie sociale ».
Le projet PAPEM, soutenu par l'UNICEF, s'inscrit directement dans cette dynamique de protection. Ce dispositif global fournit des services à 8 500 personnes au total. Parmi les bénéficiaires de cet accompagnement, 1 200 filles profitent de mesures spécifiques visant à garantir leur maintien dans un cadre éducatif et social protecteur. Ces interventions ciblées cherchent à réduire les facteurs de risque identifiés dans la région et à favoriser un environnement propice au respect des droits fondamentaux des adolescentes.