Le Niger exige le rapatriement des revenus pétroliers chinois

Photo via Journalduniger

Le gouvernement du Niger a adressé un ultimatum aux compagnies pétrolières chinoises le 14 octobre 2026. Les autorités exigent le rapatriement de 3 000 milliards FCFA de revenus issus des exportations pétrolières. Les entreprises concernées disposent d'un délai de 45 jours à compter du 14 octobre 2026 pour se conformer à cette injonction de rapatriement des fonds.

Un manque à gagner financier

Le gouvernement du Niger estime que l'absence de rapatriement de ces revenus pétroliers pèse directement sur les finances publiques. Les autorités nationales affirment que ce manque à transférer a provoqué un déficit budgétaire totalisant environ 17,4 milliards FCFA pour le Trésor public. Ces fonds, qui auraient dû être injectés dans les caisses de l'État, restent actuellement bloqués en dehors du territoire national. Le ministère des Finances à Niamey précise que ce montant correspond aux sommes non perçues sur la période récente liée aux activités d'exportation. Cette situation financière, selon les services du gouvernement, entrave la capacité de l'État à financer ses obligations courantes. Les autorités nigériennes considèrent cette somme comme une perte sèche pour le budget national, en attendant la mise en conformité des entreprises chinoises avec l'ultimatum fixé au 28 novembre 2026. La récupération de ces 17,4 milliards FCFA demeure une priorité pour stabiliser les comptes publics du pays.

Révision des contrats pétroliers

Le gouvernement du Niger a officiellement révisé les contrats pétroliers liant l'État à ses partenaires chinois le 18 mai 2026. Cette renégociation visait à redéfinir les cadres opérationnels de la CNPC, de la Wapco et de la Soraz, actives sur le site d'Agadem. Les autorités nigériennes cherchent par ce biais à instaurer un contrôle accru sur les activités d'extraction et de commercialisation du brut national.

Le ministère des Finances à Niamey a parallèlement identifié sept griefs précis à l'encontre des opérateurs pétroliers chinois. Ces points de litige portent notamment sur la gestion des ressources humaines, avec des exigences de mise en conformité concernant les audits des effectifs employés sur les sites d'exploitation. La certification des réserves pétrolières constitue le second volet majeur de ces contestations gouvernementales. Le gouvernement conteste les méthodes de déclaration des volumes disponibles dans les gisements d'Agadem et exige une transparence totale sur les données de production certifiées. Ces sept griefs, documentés par les services de l'État, sont désormais au centre des discussions entre les délégations nigériennes et les représentants des entreprises concernées. Les autorités maintiennent que la résolution de ces contentieux est indissociable du rapatriement des revenus pétroliers exigé par l'ultimatum en cours. Les discussions techniques, qui se sont intensifiées depuis le 18 mai 2026, visent à aligner les pratiques des compagnies chinoises sur les nouvelles exigences réglementaires formulées par le gouvernement. Aucun accord définitif n'a été conclu à ce jour concernant la rectification des irrégularités relevées lors des audits. La conformité aux clauses contractuelles révisées demeure une condition posée par Niamey pour le maintien des opérations courantes des partenaires chinois sur le territoire national.