Le Gouverneur de Diffa, Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a effectué une mission de supervision le mercredi 19 août 2026 afin d'évaluer l'avancement de plusieurs projets d'infrastructures dans la région. Cette mission, inscrite dans le cadre des responsabilités de la gouvernance régionale, avait pour objectif principal d'examiner de près les conditions d'exécution et le rythme des travaux en cours. Ces infrastructures s'inscrivent dans le cadre du Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC-Niger). Les observations du Gouverneur ont révélé des retards dans la réalisation de ces initiatives, conçues pour soutenir la reprise et le développement local dans une zone confrontée à des défis multiples.
Mahamadou Ibrahim Bagadoma était accompagné pour cette mission par le Coordonnateur national du PROLAC-Niger, soulignant l'importance de cette collaboration entre l'autorité régionale et la direction du projet. Des cadres techniques régionaux ont également pris part à cette tournée d'inspection, apportant leur expertise et leur connaissance du terrain. Aux côtés de ces experts, des autorités locales des zones visitées se sont jointes à la délégation, permettant un échange direct avec les communautés bénéficiaires et les acteurs locaux. La délégation a examiné les chantiers et les différentes étapes de construction, échangeant avec les équipes sur place pour comprendre les raisons des délais constatés et identifier les goulots d'étranglement. L'objectif de cette supervision était de dresser un état des lieux précis des projets du PROLAC-Niger, d'identifier les défis et de proposer des solutions pour garantir l'achèvement des travaux dans les délais impartis et selon les standards de qualité requis.
Marchés et routes : état des lieux des infrastructures stratégiques
La délégation a visité le chantier de construction d'un marché de gros à Goudoumaria, une infrastructure essentielle pour le développement économique local. Ce marché fait partie d'un ensemble plus large d'initiatives visant à renforcer les capacités commerciales de la région. Deux marchés de gros sont actuellement en construction, l'un à Mainé-Soroa et l'autre à Goudoumaria, s'inscrivant dans le cadre des interventions du PROLAC-Niger visant à améliorer les moyens de subsistance des populations et à faciliter leur accès aux marchés. Ces infrastructures sont conçues pour offrir des espaces de commerce modernes et adaptés, favorisant les échanges et la création de valeur ajoutée pour les producteurs locaux. La Banque mondiale, via des ressources de l'IDA, assure le financement de la construction de ces marchés, dont les travaux sont en cours et représentent un investissement significatif pour la dynamisation des économies locales.
La délégation a ensuite emprunté la route en latérite reliant Goudoumaria à Kodjiméri et Abuja, une voie stratégique qui longe la frontière avec le Nigéria. Cette section de route s'étend sur 45,898 kilomètres, jouant un rôle clé dans la connectivité régionale et les échanges transfrontaliers. Elle fait partie d'un programme ambitieux de réhabilitation des routes rurales, financé conjointement par la Banque mondiale et le PROLAC-Niger, dans le but d'améliorer l'accessibilité et de réduire les coûts de transport pour les populations et les marchandises. L'amélioration de cette infrastructure routière est perçue comme un levier important pour le désenclavement des zones rurales et le soutien aux activités économiques.
La seconde route inspectée est la route rurale Djajéri–Chéri–Boula Toura, également située à la frontière nigériane, soulignant l'importance des infrastructures frontalières pour la région. La longueur de cette section de route s'élève à 36,620 kilomètres, contribuant à la densification du réseau routier rural. La longueur combinée des deux tronçons routiers visités par la délégation représente un total de 82,518 kilomètres, illustrant l'ampleur des efforts déployés pour moderniser les infrastructures de transport dans la région de Diffa. Ces projets routiers sont fondamentaux pour faciliter la circulation des personnes et des biens, soutenir l'agriculture et le commerce, et renforcer l'intégration régionale.
Contexte du projet PROLAC-Niger : un engagement pour la résilience et le développement
Le Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC-Niger) bénéficie du soutien financier de la Banque mondiale. Ce partenariat stratégique vise à appuyer les efforts de reconstruction et de développement dans une région confrontée à des défis complexes, notamment des crises sécuritaires et humanitaires. L'engagement de l'institution financière internationale est un pilier central de la mise en œuvre des diverses composantes du projet, garantissant les ressources nécessaires à sa concrétisation. Le PROLAC-Niger s'inscrit dans une démarche globale de soutien aux pays du Bassin du Lac Tchad, visant à stabiliser et à revitaliser les zones affectées.
Le montant total alloué au projet PROLAC au Niger s'élève à 60 millions de dollars américains. Cette enveloppe budgétaire est destinée à financer une série d'initiatives visant à améliorer les conditions de vie des populations locales et à renforcer la résilience des communautés face aux chocs. La structure de ce financement est répartie entre différentes modalités, optimisant l'impact et la pérennité des interventions.
Ce montant global de 60 millions de dollars comprend un crédit de 20 millions de dollars et une subvention de 40 millions de dollars. Cette combinaison de financement, mêlant prêt et don, permet au PROLAC-Niger de disposer des ressources nécessaires pour ses opérations et ses investissements à long terme, tout en minimisant la charge financière sur le pays. La subvention, en particulier, allège le fardeau de la dette et permet une plus grande flexibilité dans la mise en œuvre des projets prioritaires. Le financement de la Banque mondiale, à travers le PROLAC-Niger, est un témoignage de l'engagement international à soutenir les efforts de développement et de stabilisation dans la région du Lac Tchad.
Les interventions du PROLAC s'étendent sur plusieurs domaines clés dans la région de Diffa, adoptant une approche multisectorielle pour répondre aux besoins pressants des populations. Elles incluent notamment la construction et la réhabilitation d'infrastructures rurales, essentielles pour le désenclavement et l'accès aux services. Le projet apporte également un soutien significatif à l'agriculture, par la promotion de techniques agricoles résilientes et l'amélioration de l'accès aux intrants. Le développement des chaînes de valeur est un axe majeur, visant à structurer les filières de production et à améliorer les revenus des acteurs locaux. Le renforcement de la résilience communautaire est au cœur des préoccupations, avec des actions visant à doter les communautés des outils nécessaires pour faire face aux crises et s'adapter aux changements climatiques. Enfin, la promotion de la cohésion sociale est un objectif transversal, favorisant le vivre-ensemble et la réconciliation. Le projet vise à créer un environnement propice à la reprise économique et au développement durable, en s'attaquant aux causes profondes de la vulnérabilité.
Sur le plan géographique, le projet opère dans plusieurs communes spécifiques des régions de Diffa et de Zinder, ciblant les zones les plus vulnérables et celles ayant un potentiel de développement significatif. Les localités couvertes par les activités du PROLAC-Niger sont Diffa, Chétimari, Mainé-Soroa, Goudoumaria, Foulatari, N’Guelbeyli et N’Gourti dans la région de Diffa, ainsi que Tesker dans la région de Zinder. Cette couverture étendue permet d'adresser les besoins variés des populations locales, en tenant compte des spécificités de chaque territoire. La sélection de ces zones a été faite en fonction de critères de vulnérabilité, de potentiel de développement et de pertinence stratégique pour la stabilisation de la région.
Appels à la qualité et à la diligence : le Gouverneur insiste sur l'accélération et le respect des normes
La mission du Gouverneur a notamment couvert les projets d'infrastructures situés dans les départements de Goudoumaria et de Mainé-Soroa, des zones clés pour le développement économique et social de la région. L'objectif principal de cette tournée était d'évaluer l'état d'avancement des chantiers et les conditions générales de leur exécution sur le terrain, afin d'assurer que les ressources allouées soient utilisées de manière efficiente et efficace. Mahamadou Ibrahim Bagadoma a souligné la nécessité impérieuse d'accélérer le rythme des travaux, reconnaissant l'urgence de livrer ces infrastructures aux populations. Il a également insisté sur le respect rigoureux des normes techniques établies, garantissant la qualité et la durabilité des ouvrages. Cet appel à la diligence est clé pour assurer que les bénéfices des projets soient maximisés et que les investissements publics soient pérennes.
Dans le cadre de cette supervision, le Gouverneur s'est rendu sur le site de construction du marché de gros à Mainé-Soroa. Ce marché, dont les travaux sont en cours, affiche un taux d'exécution physique estimé à environ 81%, ce qui indique un progrès significatif mais aussi la nécessité de finaliser rapidement les dernières étapes. Les observations ont indiqué que le taux d'exécution à Goudoumaria était légèrement inférieur à celui de Mainé-Soroa pour des projets comparables, ce qui a incité le Gouverneur à demander des explications et à exhorter les entreprises en charge à redoubler d'efforts. Cette disparité met en lumière l'importance d'un suivi régulier pour harmoniser les progrès sur l'ensemble des chantiers.
Le Gouverneur a également inspecté le chantier de la route bitumée qui relie la Route Nationale numéro 1 au marché à poisson de Diffa. Cette infrastructure est un élément clé pour l'amélioration des échanges commerciaux et l'accès aux services dans la région, en particulier pour les pêcheurs et les commerçants de produits halieutiques. La construction de cette route bitumée facilitera le transport des marchandises, réduira les pertes post-récolte et améliorera l'accès des populations aux denrées essentielles. L'ensemble de ces visites et les constats effectués par le Gouverneur Mahamadou Ibrahim Bagadoma s'inscrivent dans une démarche de bonne gouvernance et de reddition de comptes, visant à garantir que les projets de développement financés par le PROLAC-Niger répondent pleinement aux attentes des populations et contribuent efficacement à la relance économique et sociale de la région de Diffa.