Niger lance l'élaboration de sa nouvelle politique agricole nationale

Le ministre de l'Agriculture et de l'Élevage du Niger, le Colonel Mahaman El Hadji Ousmane, a officiellement lancé le processus d'élaboration de la nouvelle Politique Agricole Nationale (2027-2035) et de son Plan d'Action (2027-2029). Ce lancement a eu lieu lors d'un atelier à Niamey le lundi 17 août 2026. L'initiative vise à définir les grandes orientations stratégiques pour le développement du secteur agricole nigérien sur la prochaine décennie, ainsi que les mesures concrètes à mettre en œuvre à court terme pour atteindre ces objectifs. Le Colonel Mahaman El Hadji Ousmane, ministre de l'Agriculture et de l'Élevage, a présidé le lancement officiel de l'atelier dédié au processus d'élaboration de ce document stratégique majeur. Cet événement marque une étape clé pour l'avenir de l'agriculture au Niger, en posant les bases d'une planification rigoureuse et inclusive pour les années à venir. La feuille de route définie à travers cette politique et son plan d'action est destinée à guider les efforts du pays vers une plus grande autonomie alimentaire et une meilleure résilience face aux défis climatiques et économiques.

Importance du secteur agricole

La nouvelle politique agricole nationale doit soutenir le Niger dans une transformation profonde de son agriculture, en la faisant passer d'une situation de vulnérabilité aux chocs à la résilience. Cette ambition de transformation est au cœur des préoccupations nationales, compte tenu du rôle central que joue l'agriculture dans la vie des Nigériens. L'agriculture représente un secteur vital pour le pays, car 80% de la population nigérienne en tire ses moyens de subsistance. Cette proportion élevée note l'interdépendance étroite entre la prospérité du secteur agricole et le bien-être général de la population. Ce domaine contribue par ailleurs de manière significative à l'économie nationale. Le secteur agricole représente environ 42% du Produit Intérieur Brut (PIB) du Niger, et il emploie 80% de la population active du pays. Ces chiffres attestent de l'importance socio-économique essentielle de l'agriculture et justifient pleinement l'investissement dans une politique agricole nationale solide et visionnaire. La transformation envisagée vise non seulement à améliorer la productivité, mais aussi à renforcer la sécurité alimentaire et à créer des opportunités économiques durables pour une large part de la population.

Vision et objectifs de la politique

Le document stratégique capitalisera et renforcera les initiatives déjà en cours dans le secteur agricole. Cette approche permet d'assurer une continuité et d'optimiser l'utilisation des ressources et des connaissances accumulées. Parmi ces initiatives fondamentales figurent le vaste programme d'irrigation, qui est essentiel pour atténuer les effets de la sécheresse et améliorer les rendements, la stratégie de gestion durable des terres, clé pour préserver les ressources naturelles et lutter contre la désertification, la stratégie pour la pêche et l'aquaculture, visant à diversifier les sources de protéines et de revenus, la stratégie nationale de développement de la riziculture, pour réduire la dépendance aux importations de céréales de base, ainsi que la stratégie d'irrigation à petite échelle, qui permet une adaptation locale et une autonomisation des petits exploitants. Ces programmes existants sont considérés comme des piliers sur lesquels la nouvelle politique pourra s'appuyer pour maximiser son efficacité et assurer une continuité dans les efforts de développement agricole du pays.

La politique agricole nationale intégrera également et consolidera d'autres stratégies sectorielles cruciales. Elle renforcera notamment la politique foncière rurale, dont la clarté et l'équité sont indispensables pour sécuriser les investissements agricoles, la stratégie de développement durable de l'élevage, un sous-secteur vital pour l'économie rurale, ainsi que la stratégie de recherche-formation-innovation pour l'agriculture (Niger 2040), qui vise à moderniser les pratiques et à intégrer les avancées technologiques. Le plan national des énergies renouvelables sera pris en compte pour promouvoir des pratiques agricoles plus durables et réduire les coûts énergétiques, et la stratégie nationale de l'entrepreneuriat des jeunes sera intégrée pour attirer et retenir la jeunesse dans le secteur agricole, en stimulant l'innovation et la création d'emplois. L'objectif est de créer une approche cohérente et synergique qui adresse les défis multiples du secteur agricole nigérien, en allant de la production à la commercialisation, et en intégrant les dimensions environnementales et sociales.

Mécanismes de développement et consultation

Le processus d'élaboration de la politique agricole nationale sera orchestré par deux instances principales. Un comité de pilotage aura pour mission de fournir les orientations stratégiques et de prendre les décisions majeures. Ce comité sera chargé de veiller à ce que la politique reste alignée sur les objectifs nationaux de développement et les priorités du gouvernement. Un comité technique, quant à lui, assurera la coordination des différentes actions et étapes du processus. Il sera responsable de la compilation des données, de la rédaction des documents techniques et de la facilitation des échanges entre les diverses parties prenantes.

Le Colonel Mahaman El Hadji Ousmane, ministre de l'Agriculture et de l'Élevage, a exprimé son attente concernant l'organisation de consultations régionales. Ces consultations devront être menées dans chaque région du Niger, à travers des ateliers départementaux et régionaux. L'objectif est de s'assurer que la nouvelle politique reflète les réalités et les besoins spécifiques de chaque localité. Elles impliqueront l'ensemble des parties prenantes du secteur agricole, y compris les agriculteurs, les éleveurs, les pêcheurs, les organisations de la société civile, les chercheurs, les opérateurs économiques et les autorités locales, afin de recueillir leurs contributions et perspectives. Cette approche participative est jugée essentielle pour garantir l'appropriation de la politique par tous les acteurs et assurer son succès sur le terrain. Le ministre a souligné l'importance de ces consultations pour une élaboration inclusive et représentative, permettant d'intégrer une diversité de points de vue et d'expériences.

Soutien des partenaires internationaux

Les partenaires internationaux ont souligné l'importance d'une participation accrue des femmes dans le secteur agricole nigérien. Cette reconnaissance de leur rôle est fondamentale, car les femmes jouent un rôle prépondérant dans la production agricole, la transformation et la commercialisation des produits. Pour qu'elles participent pleinement aux chaînes de valeur et à la transformation agricole, les femmes doivent bénéficier d'un accès amélioré aux ressources productives, telles que la terre et l'eau, aux financements, aux technologies modernes et aux marchés. Des initiatives spécifiques sont nécessaires pour lever les barrières structurelles et culturelles qui entravent souvent leur pleine participation. Une telle approche est jugée essentielle pour le développement global du secteur et pour l'atteinte des objectifs de sécurité alimentaire et de réduction de la pauvreté.

Le Groupe de la Banque mondiale, en tant que partenaire majeur du développement du Niger, a intégré l'amélioration de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire dans son nouveau cadre de partenariat avec le Niger. Cet engagement stratégique démontre la convergence des objectifs entre le gouvernement nigérien et les institutions internationales. Cette initiative du Groupe de la Banque mondiale reflète un engagement à soutenir les efforts du pays pour renforcer son secteur agricole et assurer une meilleure résilience face aux défis alimentaires et climatiques. Le soutien des partenaires internationaux est clé pour la mise en œuvre réussie de cette nouvelle politique agricole nationale, apportant une expertise technique, un appui financier et des perspectives mondiales pour un développement agricole durable et inclusif au Niger.