Une réunion clé s'est tenue le jeudi 6 août 2026 dans la salle de réunion du Gouvernorat de Tillabéri, marquant une étape déterminante vers la formalisation des forces d'autodéfense désignées sous le nom de « Domol Leydi ». Cette rencontre d'importance stratégique, qui a rassemblé un éventail de hauts fonctionnaires et d'acteurs locaux, visait à structurer l'intégration de ces groupes dans le dispositif de sécurité régional. Le Colonel Maïna Boukar, Gouverneur de la région de Tillabéri, a activement participé à cette session de travail, soulignant l'engagement des autorités locales dans ce processus. La situation sécuritaire complexe et persistante du pays, caractérisée par des menaces diverses, a incité le ministre de la Défense nationale à solliciter un examen approfondi des forces d'autodéfense. Ce processus vise à encadrer et à intégrer ces groupes locaux dans une approche plus structurée et coordonnée de la sécurité régionale, afin d'optimiser leur contribution tout en garantissant leur alignement avec les objectifs nationaux.
Cadre et Participants Clés
La réunion a été présidée par le Secrétaire Général Adjoint du ministère de la Défense Nationale, le Général de Brigade Mamane Souley, dont la présence a conféré une dimension institutionnelle et stratégique à l'événement. Le Président de la République a promulgué une ordonnance visant à créer et formaliser ces forces, désormais nommées « Domol Leydi », attestant de la volonté politique de donner un cadre légal à ces initiatives citoyennes. Ont participé à cette rencontre les Secrétaires Généraux du Gouvernorat de Tillabéri, des préfets, des administrateurs délégués, des chefs traditionnels, ainsi que des responsables des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Cette composition plurielle des participants a permis d'assurer une représentation équilibrée des différentes parties prenantes, des autorités administratives aux leaders communautaires, en passant par les acteurs de la défense et de la sécurité. Un comité ad hoc avait été mis en place en janvier 2026 afin de se pencher sur les problématiques relatives à ces forces, préparant ainsi le terrain pour les discussions actuelles.
Pour concrétiser cette formalisation, deux décrets ont été signés par le Président de la République, encadrant le fonctionnement de ces forces et prévoyant certains avantages pour leurs membres, reconnaissant ainsi leur rôle et leur sacrifice. Le Général de Brigade Mamane Souley a précisé que les forces auxiliaires ont toujours apporté leur soutien aux forces armées, bien que sans un cadre formel établi auparavant. Cette reconnaissance historique de leur contribution note la nécessité actuelle de leur intégration officielle. Le Général de Brigade Mamane Souley est également le président du comité ad hoc chargé d'examiner le recrutement et l'organisation des forces d'autodéfense « Domol Leydi », ce qui lui confère un rôle central dans la mise en œuvre de ce projet.
Défis et Objectifs de 'Domol Leydi'
La mission principale de cette réunion avait pour objectif de recueillir les avis, orientations et propositions des autorités locales concernant la définition du processus de recrutement et le mode opératoire des forces d'autodéfense « Domol Leydi ». Il s'agissait d'une démarche participative essentielle pour s'assurer que les futures directives soient adaptées aux réalités du terrain et aux besoins des communautés. La réunion visait à parvenir à une meilleure complémentarité entre les acteurs de la sécurité afin de renforcer la protection des personnes et des biens, tout en préservant la cohésion sociale au sein des communautés. Cet objectif est jugé essentiel pour éviter toute fragmentation des efforts et garantir une approche holistique de la sécurité.
Le Général de Brigade Mamane Souley, en tant que président du comité ad hoc, joue un rôle déterminant dans l'élaboration des stratégies. Ce comité ad hoc a pour but précis de formaliser le statut de ces forces et de définir leur cadre opérationnel, une étape jugée essentielle pour leur intégration réussie et leur efficacité à long terme. Cette formalisation implique la mise en place de structures claires, de chaînes de commandement définies et de protocoles d'action standardisés.
Cependant, le processus n'est pas sans défis. Le Gouverneur Maïna Boukar a fait savoir que certains éléments au sein de ces groupes ont dévié de leurs objectifs initiaux, créant des préoccupations sérieuses. Il a souligné que ces individus se sont livrés à des actes de vol, d'enlèvement, d'assassinat et de racket, compromettant ainsi la légitimité et la crédibilité de l'ensemble du dispositif. Ces dérives mettent en évidence la nécessité impérieuse d'une supervision rigoureuse et d'un cadre légal strict pour prévenir de tels abus. Les responsables militaires ont affirmé que l'efficacité des forces « Domol Leydi » dépendait intrinsèquement d'une meilleure supervision, d'une organisation structurée et d'une collaboration étroite avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Cette collaboration est perçue comme la clé pour assurer que les forces d'autodéfense agissent en complémentarité et non en opposition aux forces régulières.
Propositions et Perspectives Locales
Dans le cadre de la formalisation des forces d'autodéfense, le Gouverneur Maïna Boukar a distingué deux catégories de groupes actifs sur le terrain, une nuance importante pour adapter les stratégies d'intégration. Il a identifié d'une part les forces d'autodéfense qui bénéficient d'une formation et d'une supervision directe de la part des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), démontrant un certain niveau d'intégration et de professionnalisme. D'autre part, il a mentionné les groupes dont le financement provient de la diaspora et de divers bienfaiteurs, soulignant la diversité des sources de soutien et la complexité de leur encadrement. Cette distinction vise à mieux cerner la nature et le fonctionnement de ces entités pour leur future intégration, permettant d'adopter des approches différenciées selon leur origine et leur mode d'opération.
Le Gouverneur Maïna Boukar a également formulé une proposition concrète visant à optimiser la couverture sécuritaire locale et à renforcer l'efficacité des forces « Domol Leydi ». Il a suggéré la création d'unités regroupant plusieurs villages et hameaux au sein d'un même secteur géographique. Cette approche, selon lui, permettrait d'améliorer la coordination et l'efficacité des actions des forces d'autodéfense dans la protection des communautés, en favorisant une meilleure réactivité et une mutualisation des ressources. L'objectif est de structurer ces groupes pour une meilleure réactivité face aux menaces, en créant des pôles de sécurité locaux plus robustes et interconnectés.
Les responsables militaires ont précisé que les forces « Domol Leydi » représentent un acteur significatif dans la sécurisation de la zone de responsabilité de l'Opération Almahaou. Cette opération, clé pour la stabilité de la région, bénéficie de l'apport de ces forces locales qui connaissent parfaitement le terrain et les dynamiques communautaires. Leur rôle est jugé important pour compléter les dispositifs de sécurité mis en place par les forces régulières, en apportant une connaissance intime des zones rurales et des populations. Cette reconnaissance note l'apport indispensable de ces groupes dans la lutte contre l'insécurité, justifiant ainsi pleinement le processus en cours de leur formalisation et de leur encadrement, afin de maximiser leur potentiel tout en minimisant les risques de dérives.