Visite du Ministre à la plateforme fourragère du projet FOVAC à l'Université de Diffa

Le Colonel Mahaman Elhadj Ousman, Ministre de l'Agriculture et de l'Élevage, a effectué une visite du site pilote de la plateforme fourragère du projet de recherche FOVAC le jeudi 13 août 2026. Cette visite, qui s'est déroulée à l'Université de Diffa où le projet FOVAC est implanté, s'inscrivait dans le cadre d'une mission de travail visant à évaluer la mise en place de la campagne agricole 2026. L'objectif de cette mission était de prendre la mesure des progrès réalisés et des défis à relever pour assurer le succès de la campagne agricole en cours, en mettant un accent particulier sur les initiatives innovantes telles que celle portée par le projet FOVAC.

Le Ministre a été accueilli par le Professeur Malam Assan Maigri, Vice-Recteur de l'Université, ainsi que par le Dr Kaka Kiari Boukar kellou, expert du projet FOVAC. L'accueil chaleureux a marqué le début d'une présentation détaillée des activités et des réalisations de la plateforme. Au cours de sa visite, le Colonel Mahaman Elhadj Ousman a exprimé son impression favorable concernant les résultats obtenus et le potentiel de cette initiative de recherche appliquée pour le développement de l'élevage et la sécurité alimentaire animale. Il a souligné l'importance de telles innovations pour renforcer la résilience des systèmes agropastoraux face aux défis climatiques et économiques.

Le projet FOVAC en détail

Le projet FOVAC, de son nom complet « Construire des chaînes de valeur de fourrages multi-usages pour une adaptation continue des activités pastorales au changement climatique », a été officiellement lancé en janvier 2026. Ce projet est mis en œuvre par un consortium international, regroupant des institutions académiques et de recherche de premier plan, ainsi que des organisations de développement. Parmi ses membres figurent l'Université de Diffa, IRED, PPT, le CIRAD et l'Université de Maroua. Cette collaboration multinationale et multidisciplinaire vise à mutualiser les expertises pour maximiser l'impact du projet sur le terrain.

L'exécution du projet FOVAC s'inscrit dans le cadre de la composante territoriale Lac Tchad du projet régional PETRADEP. Ce dernier est géré par la GIZ, l'agence allemande de coopération internationale, et bénéficie d'un financement substantiel de l'Union européenne, témoignant de l'engagement des partenaires internationaux en faveur du développement durable dans la région. La durée prévue pour le projet FOVAC est de deux ans, prenant effet à partir de son lancement en janvier 2026, ce qui en fait une initiative ciblée et intensive.

L'objectif principal de ce projet est d'accélérer l'adoption d'innovations dans la polyculture fourragère et la gestion des effluents d'élevage. Ces innovations visent à promouvoir une utilisation durable des ressources agropastorales dans trois pays clés de la sous-région : le Tchad, le Cameroun et le Niger. En se concentrant sur ces nations, le projet cherche à adresser des problématiques communes liées à la dégradation des terres, aux changements climatiques et à la sécurité alimentaire des populations pastorales. Une zone pilote dédiée à la production de boutures et de semences a été établie à l'Université de Diffa. Cette installation, opérationnelle depuis janvier 2026, s'étend sur une superficie totale de deux hectares, constituant un véritable laboratoire à ciel ouvert pour la recherche et la démonstration.

Plateforme de production et résultats concrets

La plateforme de l'Université de Diffa est un exemple concret de l'approche innovante du projet FOVAC. Un hectare de la zone pilote est spécifiquement dédié à la production de Maralfalfa, une graminée fourragère reconnue pour sa forte productivité et sa résilience. Parallèlement, un autre hectare est réservé au niébé fourrager, une légumineuse qui enrichit le sol en azote et offre un apport protéique essentiel pour le bétail.

Les résultats obtenus sur cette plateforme sont particulièrement encourageants et ont dépassé les attentes initiales. L'objectif initial de production de boutures de Maralfalfa avait été fixé à 400 000 unités, un seuil ambitieux pour le démarrage du projet. Cependant, les résultats ont largement dépassé cette prévision, avec une production ayant déjà atteint plus de 600 000 boutures sur le site de l'Université de Diffa. Cette surperformance témoigne de l'efficacité des techniques mises en œuvre et de la pertinence des espèces choisies. Une première distribution de 20 000 boutures est prévue pour les bénéficiaires identifiés dans les villages de Kaoua, Issari et Digargo, marquant le début de la diffusion de ces innovations auprès des communautés locales.

Le Dr Kaka Kiari Boukar kellou a précisé que 108 bénéficiaires ont été sélectionnés pour adopter les techniques de production fourragère irriguée développées par le projet. Cette sélection rigoureuse vise à assurer que les innovations atteignent ceux qui en ont le plus besoin et qui sont le plus à même de les mettre en œuvre. Parmi ces bénéficiaires, 82 sont des agropasteurs individuels, représentant la majorité des acteurs ciblés par le projet. Quatre agro-entrepreneurs ont également été inclus dans ce programme d'adoption, reconnaissant leur rôle clé dans la structuration des filières et la création de valeur ajoutée. Enfin, un groupement de femmes, composé de 22 membres, participe activement à cette initiative visant à renforcer les capacités locales en matière de production de fourrages, soulignant l'importance de l'inclusion des femmes dans le développement agropastoral. L'adoption de ces techniques par un nombre aussi significatif de bénéficiaires est un indicateur fort de l'impact potentiel du projet sur les pratiques agricoles et pastorales de la région.

Innovation et perspectives économiques

Le projet FOVAC s'attache également à la transformation et au conditionnement des fourrages, une étape clé pour améliorer leur valeur marchande et leur conservation. Pour cela, il acquiert divers équipements modernes et adaptés aux besoins des producteurs locaux. Parmi ces équipements figurent des broyeurs, essentiels pour réduire la taille des fourrages et faciliter leur digestion par les animaux, des hache-pailles, qui permettent de préparer la biomasse pour l'ensilage ou le mélange, et des botteleuses, indispensables pour compacter les fourrages en balles faciles à transporter et à stocker. Ces investissements technologiques sont conçus pour optimiser l'ensemble de la chaîne de valeur du fourrage, de la production à l'utilisation finale.

Parallèlement, une étude de rentabilité est en cours pour évaluer les coûts de production et les perspectives économiques liées à la culture du Maralfalfa et du niébé fourrager. Cette analyse approfondie vise à fournir des données concrètes et fiables sur la viabilité économique de ces cultures pour les agropasteurs et les agro-entrepreneurs. L'étude prend en compte divers facteurs, tels que les coûts des intrants, de la main-d'œuvre, de l'irrigation, ainsi que les prix de vente potentiels des fourrages transformés. Les résultats de cette étude seront cruciaux pour orienter les décisions des producteurs et des investisseurs, et pour démontrer le potentiel de ces cultures à générer des revenus substantiels et à améliorer les moyens de subsistance.

Le site pilote du projet FOVAC est conçu pour devenir un pôle de référence en matière de production, de transformation et de conditionnement du Maralfalfa et du niébé fourrager. Cette position stratégique est destinée à faciliter la diffusion des innovations et des bonnes pratiques auprès des acteurs de la filière, non seulement dans la région de Diffa, mais aussi dans les autres pays partenaires du projet. En tant que centre d'excellence, il servira de modèle pour d'autres initiatives similaires et contribuera à la formation et à l'encadrement technique des producteurs.

Évaluation ministérielle et missions antérieures

La visite du Colonel Mahaman Elhadj Ousman à la plateforme fourragère de l'Université de Diffa s'inscrivait dans le cadre d'une mission d'évaluation nationale plus large. Cette mission avait pour but d'évaluer l'état d'avancement de la campagne agricole 2026 à travers le pays et de prendre le pouls des initiatives de développement rural. Avant de se rendre à Diffa, le Ministre de l'Agriculture et de l'Élevage avait déjà visité les régions de Maradi et de Zinder. Ces étapes précédentes lui avaient permis de constater les réalités des différentes zones agro-écologiques du Niger et de dialoguer avec les acteurs locaux.

Cette série de déplacements visait à évaluer la mise en place de la campagne agricole 2026 et à constater les avancées des initiatives agricoles et pastorales dans différentes zones du pays. Ces visites successives permettent au ministère d'obtenir une vision complète et nuancée des défis et des succès rencontrés sur le terrain. En s'imprégnant des réalités locales, le Ministre et ses équipes peuvent ajuster les politiques publiques, identifier les besoins prioritaires et renforcer le soutien aux projets porteurs de solutions innovantes pour l'agriculture et l'élevage nigériens. La visite à Diffa a ainsi complété un tableau général des efforts déployés pour assurer la sécurité alimentaire et le développement économique du pays.