Le Conseil Consultatif de la Refondation clôture sa première session ordinaire de 2026, soulignant l'urgence des réformes nationales

Le président du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a présidé la cérémonie officielle de clôture de la première session ordinaire de l'année 2026 du CCR. Cette cérémonie solennelle s'est tenue dans l'après-midi du vendredi 31 juillet 2026, au cœur de la capitale nigérienne, Niamey. L'événement a rassemblé un parterre de personnalités et de dignitaires représentant les différentes strates de la société et de l'État nigérien. Parmi les participants figuraient des membres éminents du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) et du gouvernement, ainsi que les présidents des institutions de la République, soulignant l'importance accordée aux travaux du CCR. Étaient également présents le Gouverneur de la région de Niamey et le président du Conseil de ville de Niamey, témoignant de l'ancrage local des préoccupations abordées. La communauté internationale était représentée par des membres du corps diplomatique accrédité au Niger, tandis que la société civile et les autorités traditionnelles étaient incarnées par des représentants d'associations, des chefs traditionnels et des membres de l'Association Islamique du Niger. L'ensemble des avis et recommandations formulés par le CCR, issus des débats approfondis menés au sein des différentes commissions thématiques, seront officiellement transmis au gouvernement pour examen et mise en œuvre.

Politiques nationales à l'ordre du jour : un large éventail de défis et de solutions

Les discussions menées au cours de cette session ordinaire ont abordé un large éventail de thèmes majeurs, jugés cruciaux pour l'avenir et le développement du Niger. Les membres du Conseil se sont penchés avec une attention particulière sur la situation des personnes vulnérables, cherchant à identifier des mécanismes efficaces pour leur protection et leur insertion. En lien avec cette problématique, la question épineuse de la mendicité dans le pays a également fait l'objet d'un examen approfondi, dans l'optique de proposer des solutions durables.

La politique énergétique nationale a constitué un autre axe central des travaux du CCR. Les échanges ont englobé une analyse détaillée des projets structurants en cours et à venir, la réforme indispensable du secteur énergétique, et les stratégies visant à améliorer l'accès à l'électricité pour l'ensemble de la population nigérienne. La contribution croissante des producteurs indépendants d'énergie a été évaluée, de même que les perspectives d'action de l'Agence de Régulation du Secteur de l'Énergie (ARSE) et les activités de la Société Nigérienne d'Électricité (NIGELEC), acteurs clés de la souveraineté énergétique du pays.

Un volet tout aussi important des échanges a concerné la politique nationale de recherche agronomique et l'innovation agricole. Les débats ont notamment porté sur les moyens d'intensifier la production et la diffusion de semences améliorées, essentielles pour garantir la sécurité alimentaire. L'accroissement des rendements agricoles a été identifié comme une priorité absolue, tout comme l'élaboration de stratégies d'adaptation efficaces face aux effets du changement climatique, dont l'impact sur l'agriculture nigérienne est de plus en plus palpable. Ces thématiques ont été jugées essentielles pour la souveraineté et la sécurité alimentaire du pays.

Les réformes relatives au système intégré de gestion des agents de l'État ont également été examinées avec minutie. Ces discussions comprenaient des propositions pour l'harmonisation de la fonction publique, visant à assurer une meilleure cohérence et équité. La question de l'équité dans la gestion des ressources humaines a été mise en avant, de même que la modernisation de l'administration publique pour la rendre plus performante et plus proche des citoyens. Les politiques du travail et de l'emploi ont été analysées dans l'optique d'une meilleure efficacité administrative et d'une meilleure adéquation entre les compétences et les besoins du marché.

Enfin, les communications ont porté sur la politique commerciale et industrielle du Niger, un pilier fondamental pour la croissance économique. Les membres du CCR ont discuté des investissements structurants nécessaires pour dynamiser l'économie, des moyens concrets d'améliorer l'environnement des affaires afin d'attirer les investissements, et des stratégies pour la transformation des ressources locales, ajoutant ainsi de la valeur aux produits nigériens. Le développement industriel a été identifié comme un moteur essentiel de création d'emplois et de richesse. Les réformes institutionnelles et pédagogiques du système éducatif ont également été un point central des échanges, reconnaissant le rôle essentiel de l'éducation dans le développement global du pays.

Réformes éducatives et formation : bâtir l'avenir par le savoir

Les discussions sur le système éducatif ont été particulièrement approfondies, couvrant l'ensemble du continuum éducatif. Elles ont porté sur la gouvernance des différents niveaux d'enseignement, depuis le préscolaire jusqu'à l'enseignement supérieur, ainsi que sur les moyens d'assurer un accès équitable à l'éducation pour tous les enfants nigériens. L'amélioration de la qualité des apprentissages a été une préoccupation majeure, tout comme la lutte contre l'analphabétisme et la promotion des langues nationales dans le système éducatif.

Les conseillers du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) ont également examiné des communications concernant l'orientation scolaire et professionnelle, jugée essentielle pour guider les jeunes vers des parcours adaptés aux besoins du pays. Le développement des filières techniques et professionnelles a été fortement encouragé, de même que la promotion de l'apprentissage comme voie d'insertion professionnelle. La transformation des centres de formation existants et l'investissement dans les infrastructures éducatives ont été identifiés comme des leviers pour renforcer le système. Une attention particulière a été accordée à l'adéquation entre la formation dispensée et les besoins économiques actuels et futurs du Niger, afin de garantir l'employabilité des jeunes diplômés.

Les échanges ont également abordé la cohérence du continuum éducatif, c'est-à-dire l'harmonisation des programmes et des parcours entre les différents cycles. La mise en place de passerelles efficaces entre les niveaux d'enseignement a été discutée, afin de permettre une plus grande flexibilité et de faciliter la progression des apprenants. La continuité des parcours de formation, de la petite enfance à la vie active, a été notée comme un objectif majeur. Ces thèmes ont été au cœur des réflexions menées par le CCR, dans le but de construire un système éducatif solide et performant.

Rôle et perspectives du CCR : un pilier de la refondation nationale

Le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) doit constituer un cadre d'écoute, de dialogue, de proposition et d'alerte, capable de relayer les préoccupations légitimes des citoyens et de soumettre des solutions réalistes et pragmatiques aux autorités en place, a souligné le Dr Mamoudou Harouna Djingarey lors de la cérémonie de clôture. Il a rappelé que des actions significatives sont en cours pour renforcer la souveraineté nationale, consolider les institutions de la République, préserver la paix et la cohésion sociale, assurer la défense et l'intégrité du territoire, et créer les conditions propices à un développement durable et inclusif pour tous les Nigériens. Le Dr Mamoudou Harouna Djingarey a insisté avec force sur l'importance clé de ce rôle consultatif dans le processus de refondation du Niger. Le pays doit poursuivre ses efforts inlassables pour réduire sa dépendance extérieure, sécuriser de manière pérenne la production agricole et pastorale, moderniser les systèmes de production pour les rendre plus efficaces et résilients, et garantir un accès durable à une alimentation suffisante et de qualité pour l'ensemble des Nigériens, selon les conclusions et les orientations majeures issues de cette session.

Contexte national et défis : une période charnière pour le Niger

Le Niger fait face à de multiples défis d'une ampleur considérable depuis le 26 juillet 2023. Ces défis sont de nature sécuritaire, avec des menaces persistantes sur plusieurs fronts ; économique, avec la nécessité de relancer la croissance et de créer des opportunités ; sociale, avec des inégalités à réduire et des services de base à renforcer ; institutionnelle, avec la consolidation de la gouvernance ; et diplomatique, avec la réaffirmation de sa place sur la scène internationale. Cette situation complexe et exigeante a marqué le contexte des discussions menées au sein du Conseil Consultatif de la Refondation, imprégnant les travaux d'un sentiment d'urgence et de la nécessité d'apporter des réponses concrètes et adaptées aux aspirations profondes du peuple nigérien, selon les observations faites lors de la session.