Le Ministre de l'Économie et des Finances rencontre les cadres des régions de Maradi, Tahoua et Zinder pour discuter des nouvelles réformes et de la souveraineté économique

Le Ministre de l'Économie et des Finances, Mamane Laouali Abdou Rafa, a rencontré le jeudi 30 juillet 2026 les cadres des directions financières des régions de Maradi, Tahoua et Zinder. Cette réunion, tenue dans la salle de conférence du gouvernorat de Maradi, visait à échanger sur de nouvelles réformes, à transmettre les orientations des plus hautes autorités et à diffuser la vision du ministère.

Le Contrôleur Général de Police Issoufou Mamane, Gouverneur de la région de Maradi, et M. Sama Mamane, Secrétaire Général du Ministère de l'Économie et des Finances, figuraient parmi les participants, aux côtés de responsables des départements des Impôts, des Douanes et du Trésor Public des trois régions.

Mamane Laouali Abdou Rafa a souligné l'importance de l'autonomie économique, déclarant : « nous ne pouvons clamer notre souveraineté si nous ne pouvons nous prendre en charge nous-mêmes. Il nous appartient de tout mettre en œuvre pour assurer d’abord notre propre sécurité alimentaire ». Il a également affirmé que le Niger, « pays carrefour », est désormais positionné au centre de l'Afrique. Le ministre a évoqué des réformes en cours, telles que la bancarisation et la connexion des centres de recettes avec la monnaie électronique via E-trésor, avec l'objectif de supprimer la circulation de l'argent liquide au Trésor public d'ici 2027.

Vision et Réformes Nationales

Le pays vit une nouvelle ère de souveraineté politique, économique et financière depuis trois ans, selon le ministre. Le Programme de Refondation de la République (PRN) 2025-2029 décrit l'action gouvernementale pour les cinq prochaines années. Le premier axe du PRN vise à faire du Niger un pays stable, pacifique et sécurisé. Le second axe est axé sur le développement économique et la libération des forces productives, avec un accent particulier sur la sécurité alimentaire. La terminologie a également évolué, le terme « économie informelle » ayant été remplacé par « économie populaire ». De même, le Niger n'est plus qualifié de « pays enclavé » mais de « pays carrefour ».

Mamane Laouali Abdou Rafa, ministre de l'Économie et des Finances, a réitéré cette vision, affirmant : « nous ne pouvons clamer notre souveraineté si nous ne pouvons nous prendre en charge nous-mêmes. Il nous appartient de tout mettre en œuvre pour assurer d’abord notre propre sécurité alimentaire ». Il a également souligné la nouvelle désignation géographique du pays : « Un autre terme aussi que nous avons banni au niveau du ministère, c’est le terme du Niger, ‘’pays enclavé’’, désormais le Niger est un pays ‘’carrefour’’. Dieu a placé le Niger dans une position centrale de l’Afrique, attirant toutes sortes de nationalités. » Le ministre a invité les agents des Douanes à adhérer aux réformes, à protéger la production locale et à lutter contre la fraude.

Les services bancaires ont été restaurés et les réformes se poursuivront afin de connecter les centres de recettes avec toutes les formes de monnaie structurante. Le système financier intégrera bientôt l'E-trésor (monnaie électronique). Le ministre a précisé : « On a remis la bancarisation. On va poursuivre les réformes. On va connecter tous nos centres de recettes avec toutes les formes de monnaie structurante. La monnaie électronique avec bientôt E-trésor. D’ici 2027, il n’y aura plus de cash qui va circuler au trésor public. Plusieurs autres réformes mais nous ne pouvons pas aussi négliger l’impôt foncier. »

Contexte Économique et Agricole

Le Niger a enregistré une production de plus de 5 millions de tonnes de mil et de sorgho en 2024, soulignant l'importance du secteur agricole pour l'économie nationale. Cette performance met en lumière la capacité du pays à produire des denrées de base essentielles, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire. L'agriculture demeure un pilier économique majeur, avec des répercussions directes sur les moyens de subsistance d'une grande partie de la population.

Le secteur de l'élevage joue également un rôle prépondérant, le pays détenant un cheptel de plus de 60 millions de têtes. Cette richesse animale représente une composante significative du patrimoine économique national, fournissant non seulement de la viande et des produits laitiers, mais aussi des opportunités d'exportation et de revenus pour de nombreux éleveurs. La gestion et le développement de ce cheptel constituent des enjeux importants pour la croissance économique.

L'agriculture représente 40% du Produit Intérieur Brut (PIB) du Niger, attestant de son poids déterminant dans la structure économique du pays. Cette proportion élevée note la dépendance de l'économie nationale vis-à-vis des activités agricoles et pastorales. Les politiques publiques et les réformes envisagées devront donc intégrer ces réalités pour favoriser une croissance durable et renforcer la souveraineté économique du Niger.

Transformation du Système Financier

À la suite des événements survenus le 26 juillet 2023, le système financier nigérien a connu une période de perturbation avant le rétablissement des opérations en espèces. Cette situation a conduit à une réévaluation des circuits monétaires et à l'accélération de réformes visant à moderniser les transactions financières publiques.

Dans ce contexte de transformation, le ministère de l'Économie et des Finances a fixé un objectif clair : d'ici 2027, la circulation de l'argent liquide au Trésor public sera entièrement supprimée. Cette mesure s'inscrit dans une démarche plus large de bancarisation et de dématérialisation des flux financiers, avec notamment l'intégration prochaine de l'E-trésor, une solution de monnaie électronique. L'initiative vise à renforcer la transparence, la sécurité des transactions et l'efficacité de la gestion des fonds publics, marquant ainsi une étape significative vers un système financier plus moderne et structuré pour le Niger.