Le Niger formalise les groupes d'autodéfense "Domol Leydi" pour renforcer la sécurité

Les autorités de la Refondation se sont réunies le jeudi 6 août 2026 au gouvernorat de Tillabéri, au Niger, marquant une étape décisive dans la gestion de la sécurité intérieure du pays. Lors de cette rencontre clé, elles ont adopté une ordonnance visant à officialiser les groupes d'autodéfense "Domol Leydi" afin de mettre fin à leur nature informelle. Cette formalisation représente une volonté politique forte de structurer et d'intégrer ces acteurs locaux dans le dispositif sécuritaire national. Deux décrets présidentiels régissent désormais le fonctionnement de ces groupes ainsi que les bénéfices qui leur sont accordés, selon les informations disponibles, apportant un cadre légal clair à leur action.

Reconnaissance et structuration des "Domol Leydi"

La réunion, tenue dans la région de Tillabéri, une zone confrontée à des défis sécuritaires persistants, a été présidée par le général de brigade Mamane Souley, Secrétaire général adjoint du ministère de la Défense nationale. Le général Souley occupe également la fonction de président du comité ad hoc, une structure mise en place en janvier 2026 précisément pour étudier la question des groupes d'autodéfense. Ce comité ad hoc a souligné « l'immense travail accompli par ces jeunes volontaires pour contribuer à la sécurisation de leurs territoires », reconnaissant ainsi leur rôle essentiel sur le terrain. Des responsables des opérations Almahaou et Niya, deux initiatives majeures dans la lutte contre l'insécurité au Niger, ont affirmé que les « Domol Leydi » représentent « un acteur important du processus de sécurisation » en raison de leur proximité avec les populations. Cette proximité est perçue comme un atout majeur pour la collecte de renseignements et la protection des communautés. La formalisation vise à capitaliser sur cette efficacité locale tout en assurant une meilleure supervision.

Distinction, défis et propositions d'organisation

Le Colonel Maïna Boukar, gouverneur de Tillabéri, a apporté des éclaircissements importants concernant la nature de ces groupes. Il a établi une distinction claire entre les unités supervisées par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), qui, selon lui, "ont fait leurs preuves sur le terrain", et celles constituées par les communautés ou financées par la diaspora. Cette différenciation note la nécessité d'une intégration contrôlée pour garantir l'efficacité et la légitimité de ces forces auxiliaires. Le gouverneur Boukar a également dénoncé les agissements de certains éléments impliqués dans "les vols, les enlèvements de bétail, les assassinat ou encore le racket des populations", des comportements qui minent la confiance et la sécurité des citoyens. Face à ces dérives, il a souligné l'urgence d'une structuration rigoureuse. Pour améliorer la cohésion sociale et la couverture sécuritaire, favorisant ainsi "la cohésion sociale et le vivre-ensemble", le Colonel Boukar a proposé une organisation territoriale regroupant plusieurs villages au sein d'un même secteur. Cette approche vise à optimiser la coordination et à renforcer le maillage sécuritaire à l'échelle locale.

Objectifs et portée de la formalisation

La réunion du 6 août 2026 à Tillabéri avait pour objectif fondamental de recueillir les avis locaux afin d'adapter le futur système de sécurité aux réalités du terrain. Cette démarche participative est jugée essentielle pour l'acceptation et l'efficacité des mesures prises. Les autorités nigériennes entendent transformer ces groupes d'autodéfense en un maillon complémentaire aux forces régulières, et non en substituts. L'objectif principal est d'établir des règles strictes concernant le recrutement, le commandement et la coordination avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Cette régulation est clé pour éviter les abus et garantir que les actions des "Domol Leydi" s'inscrivent dans le cadre légal et stratégique défini par l'État. L'efficacité des "Domol Leydi" dépendra d'une supervision rigoureuse, d'une organisation structurée et d'une coordination permanente avec les FDS. Cette formalisation est perçue comme une mesure stratégique pour renforcer la sécurité des populations et stabiliser les régions les plus vulnérables du Niger.