Le VII Forum sur la Coopération Médiatique Sino-Africaine s'est tenu à Beijing, en République populaire de Chine, du 19 au 21 août 2026. Cet événement d'envergure, réunissant des acteurs clés du secteur médiatique, a été conjointement organisé par la National Radio and Television Administration of China (NRTA), le Gouvernement populaire de la Municipalité de Beijing et l'African Union of Broadcasting. Ces institutions ont uni leurs forces pour créer une plateforme propice aux échanges et au renforcement des liens. Ibrahim Manzo DIALLO, Président de l'Observatoire National de la Communication (ONC), a représenté le Niger lors de ce forum, apportant la perspective de son pays sur les enjeux actuels de la communication et les opportunités de collaboration. Le thème central de cette édition était « Partager de nouvelles opportunités de développement, construire ensemble un nouvel avenir audiovisuel », un appel clair à l'innovation et à la collaboration pour façonner l'avenir du paysage médiatique.
Lors de son intervention remarquée, Ibrahim Manzo DIALLO a plaidé avec force pour que les relations médiatiques sino-africaines dépassent les simples échanges institutionnels pour évoluer vers une coopération stratégique, technologique et humaine. Il a mis en lumière la nécessité impérieuse pour les nations africaines de maîtriser leur propre récit dans le contexte actuel. Dans ce qui est devenu une « bataille informationnelle » mondiale, le président de l'ONC a affirmé qu'« il faut être capable de raconter sa propre histoire ». Cette capacité est, selon lui, fondamentale pour la souveraineté narrative du continent. Il a particulièrement insisté sur l'importance clé de « raconter l’Afrique depuis l’Afrique », soulignant l'urgence de produire des contenus qui reflètent fidèlement les réalités, les cultures et les aspirations du continent, sans le filtre des récits extérieurs. Cette approche est essentielle pour contrer les stéréotypes et promouvoir une image authentique et diversifiée de l'Afrique.
Vision pour la coopération et renforcement des capacités
Ibrahim Manzo DIALLO a détaillé une vision ambitieuse pour cette coopération renforcée. Il a plaidé pour une intensification significative des coproductions, permettant la création conjointe de contenus riches et variés. Au-delà des coproductions, il a également appelé à des échanges plus fréquents et plus substantiels de contenus documentaires, éducatifs, culturels et cinématographiques entre la Chine et l'Afrique, favorisant ainsi une meilleure compréhension mutuelle et une diffusion plus large des œuvres. Il a également insisté sur la nécessité d'une plus grande circulation des compétences et expériences entre professionnels africains et chinois, reconnaissant la valeur des savoir-faire de part et d'autre. Il a souligné que la coopération avec la Chine pouvait offrir des perspectives significatives pour l'Afrique dans les domaines technologiques, notamment en matière d'infrastructures et d'outils numériques. Cette coopération, selon le président de l'ONC, doit impérativement inclure le transfert de compétences, la formation approfondie des professionnels africains, la recherche conjointe sur des solutions innovantes et, surtout, l'appropriation technologique par les pays africains, garantissant ainsi une autonomie durable.
Le Niger, pour sa part, affiche une volonté claire de moderniser son environnement médiatique, de renforcer les capacités professionnelles de ses acteurs et de développer des partenariats internationaux qui respectent scrupuleusement ses priorités nationales et ses spécificités culturelles. La coopération avec la Chine est perçue par le Niger comme un levier important et stratégique pour la formation professionnelle de ses journalistes et techniciens des médias, permettant d'acquérir des compétences de pointe. Elle représente également une opportunité majeure pour l'innovation technologique, en facilitant l'accès à des équipements et des savoir-faire de dernière génération. Enfin, cette collaboration est vue comme un catalyseur pour la coproduction audiovisuelle, ouvrant la voie à la création de contenus originaux et pertinents. Des projets spécifiques et ciblés pour les médias nigériens et la jeunesse du pays pourraient ainsi être développés, répondant aux besoins locaux tout en s'inscrivant dans une dynamique de collaboration internationale.
Défis technologiques et autonomisation de la jeunesse
Ibrahim Manzo DIALLO, Président de l'Observatoire National de la Communication (ONC), a mis en avant l'intelligence artificielle, la cybersécurité et les nouveaux médias comme des défis majeurs et des opportunités considérables pour les régulateurs et les professionnels du secteur des médias. Il a souligné que l'espace numérique représente un formidable espace de création, d'innovation et d'entrepreneuriat pour la jeune population africaine, qui doit être pleinement exploitée. La jeunesse africaine, qui constitue une part significative et croissante de la population continentale, est perçue comme un moteur potentiel de développement économique et social dans ce contexte de transformation technologique rapide.
Le président de l'ONC a identifié et articulé quatre aptitudes qu'il juge essentielles et impératives pour les nouvelles générations afin de naviguer et de prospérer dans l'ère numérique. Ces compétences clés sont : la compréhension approfondie du numérique, qui va au-delà de la simple utilisation pour englober une pensée critique et une conscience des enjeux ; la capacité de création avec le numérique, encourageant l'innovation et la production de contenus originaux ; l'entrepreneuriat à travers le numérique, stimulant la création d'activités économiques et de startups ; et enfin, la protection dans l'espace numérique, une compétence vitale pour garantir la sécurité et la confidentialité des individus face aux risques croissants. Ces compétences sont considérées comme fondamentales pour permettre aux jeunes d'exploiter pleinement les opportunités offertes par la transformation digitale et de contribuer activement à l'économie numérique.
Le forum avait notamment pour objectif de renforcer les échanges fructueux dans les domaines de la radio, de la télévision et de l'audiovisuel, en facilitant le partage d'expériences et de meilleures pratiques. Il visait également à encourager la coopération technologique et culturelle entre les participants, en promouvant l'adoption de solutions innovantes et la diffusion des expressions artistiques. Un autre axe important et transversal du forum était de stimuler les interactions et les synergies entre la jeunesse chinoise et africaine, favorisant ainsi des liens durables et des partenariats futurs qui pourraient façonner les relations bilatérales pour les décennies à venir.
Souveraineté informationnelle et narrative africaine
Ibrahim Manzo DIALLO, Président de l'Observatoire National de la Communication (ONC), a décrit le contexte informationnel actuel pour le Niger, le Burkina Faso et le Mali comme une « bataille informationnelle » complexe et multidimensionnelle. Il a précisé que cette bataille n'est pas seulement une lutte pour la diffusion de l'information, mais aussi une bataille des perceptions, des images et des récits, où la manière dont les événements sont présentés et interprétés revêt une importance capitale. Il a défini la souveraineté informationnelle non pas comme une fermeture ou un isolement du monde extérieur, mais plutôt comme le droit inaliénable des peuples à faire entendre leur voix de manière autonome, à présenter leurs réalités et leurs perspectives sans distorsion, et à participer activement à la construction de leurs propres narratifs, loin des influences et des agendas externes.
La réponse aux défis informationnels contemporains, selon M. DIALLO, passe par une stratégie multidimensionnelle et cohérente. Cela inclut la production d'informations crédibles et vérifiées, essentielle pour lutter contre la désinformation et renforcer la confiance du public. Il a également mis l'accent sur la professionnalisation des médias, garantissant des standards éthiques et déontologiques élevés, ainsi que la formation continue des journalistes pour qu'ils puissent maîtriser les nouvelles techniques et outils. L'investissement dans des outils technologiques modernes est également clé pour doter les médias africains des capacités nécessaires à leur développement et à leur compétitivité. Enfin, le renforcement de la présence des médias africains dans l'espace numérique international est indispensable pour qu'ils puissent peser davantage dans le débat mondial et diffuser leurs contenus à une audience plus large. Au-delà de M. DIALLO, Mme Mariama Boubacar Oumarou, également membre de l'ONC, a participé à l'événement, soulignant l'engagement de l'institution dans cette démarche de coopération et de renforcement de la souveraineté informationnelle. Leur présence conjointe à ce forum témoigne de l'importance que le Niger accorde à ces échanges et à la construction d'un avenir médiatique plus autonome et résilient.