Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, s'est rendu à Madarounfa et Maradi le jeudi 8 juillet. Il était accompagné d'une délégation comprenant le Gouverneur de la région de Maradi, Contrôleur Général de Police Issoufou Mamane, des responsables centraux du ministère de la Justice, ainsi que des chefs des Forces de Défense et de Sécurité.
État des lieux à Madarounfa
La Maison d’arrêt de Madarounfa, créée en 2017 avec une capacité de 250 places, a été l'une des étapes de la visite ministérielle. Actuellement, l'établissement pénitentiaire accueille 126 détenus. Ce total se compose de 117 hommes et de 9 femmes.
Parmi les 126 détenus de Madarounfa, 55 sont des personnes condamnées, dont 2 mineurs. Les 71 autres sont en attente de jugement, incluant 3 mineurs, 9 femmes et 12 ressortissants étrangers. La prison dispose également d'une parcelle agricole de 0,90 hectare et d'ateliers dédiés à la couture et à la transformation alimentaire.
Le ministre a par la suite visité le Tribunal d’Instance de Madarounfa, où il a rencontré les acteurs judiciaires locaux.
Surpopulation carcérale à Maradi
La Maison d’arrêt de Maradi, dont le bâtiment d'origine date de 1945, avait été réhabilitée en 1992. Cet établissement est confronté à une situation de surpopulation. Sa capacité d'accueil théorique est de 450 détenus, mais la prison héberge actuellement 853 personnes, d'après les chiffres communiqués. Parmi ces détenus, 198 sont des ressortissants étrangers. Après la visite de la Maison d’arrêt, le ministre Alio Daouda s'est rendu au Tribunal de Grande Instance de Maradi. Il y a rencontré le président de l'institution, Miko Idi, ainsi que d'autres acteurs judiciaires locaux, afin de discuter des défis et du fonctionnement de la justice dans la région.
Réformes judiciaires annoncées
Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, M. Alio Daouda, a rappelé aux participants sa mission de présenter une réforme en profondeur du système judiciaire. Cette réforme a pour objectif de rendre le système « irréprochable et humain », selon les déclarations du ministre. Il a souligné l'importance de cette démarche pour l'amélioration de l'administration de la justice dans le pays.
Au cours de sa visite, le ministre a procédé à la remise de plusieurs documents importants au président du Tribunal de Grande Instance de Maradi, Miko Idi. Parmi ces documents figuraient des exemplaires du Code Pénal, du Code de Procédure Pénale, ainsi que des circulaires émanant du ministère de la Justice et la loi modifiée sur la nationalité. Cette initiative vise à doter les acteurs judiciaires des outils nécessaires à l'application des textes et à la modernisation des pratiques.
Vision du Garde des Sceaux
Le ministre Alio Daouda a instruit le régisseur de la Maison d’arrêt de Madarounfa de préparer un budget estimatif couvrant l'ensemble des besoins de l'établissement. Cette directive s'inscrit dans le cadre de la volonté ministérielle d'améliorer les conditions de fonctionnement des institutions pénitentiaires.
Le ministre a déploré la surpopulation carcérale constatée à la prison de Maradi. Face à cette situation, il a demandé que le nombre de détenus soit impérativement réduit. Cette diminution doit s'effectuer dans le strict respect des droits humains et en conformité avec les dispositions du Code de procédure pénale en vigueur.